60 000 femmes ont ce stérilet : il entraîne un risque "accru" de grossesse extra-utérine, alerte l'ANSM

Une grossesse extra-utérine (GEU) peut mettre en danger la vie des femmes et réduire leurs chances d'avoir un enfant.

60 000 femmes ont ce stérilet : il entraîne un risque "accru" de grossesse extra-utérine, alerte l'ANSM
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Les femmes sont de plus en plus nombreuses à opter pour le stérilet comme méthode contraceptive. C'est une contraception reconnue comme efficace par les professionnels de santé et qui présente l'avantage de ne pas pouvoir être oubliée, contrairement à la pilule contraceptive. Pour autant, comme tout dispositif médical, le stérilet n'est pas dénué de risque. Un nouveau méfait, très sérieux, a été mis évidence dans une étude commandée par l'Agence nationale du médicament (ANSM) et publiée le 25 novembre dans le New England Journal of Medicine Evidence.

Selon les analyses menées par l'ANSM avec EPI-PHARE, un stérilet commercialisé par le laboratoire Bayer, est associé à un risque "accru" de grossesse extra-utérine en comparaison aux autres stérilets utilisés en France. Lorsqu'une grossesse survient malgré ce stérilet, elle a davantage de chances de s'implanter en dehors de l'utérus, le plus souvent dans une trompe. Une information d'autant plus importante qu'on estime aujourd'hui en France, entre 55 000 et 60 000 le nombre de femmes qui portent encore ce stérilet, majoritairement des femmes n'ayant jamais accouché.

Ce stérilet est le stérilet hormonal Jaydess, c'est le moins dosé au au lévonorgestrel. Selon l'ANSM, il expose à un risque de GEU deux à trois supérieur à celui observé avec les autres stérilets (hormonaux et au cuivre). Ces nouveaux résultats confirment ceux d'études précédentes, une étude suédoise en 2022 et une étude danoise en 2023. Une grossesse extra-utérine n'est pas anodine. L'œuf se développe dans la trompe, qui peut se distendre puis se rompre ce qui peut provoquer une hémorragie dans l'abdomen. En France, on en recense environ 13 300 par an, soit 2 pour 100 naissances. C'est une urgence gynécologique qui peut "mettre en danger la vie" de la patiente rappelle l'ANSM, et, si elle tarde à être diagnostiquée, réduire ses chances d'avoir un enfant plus tard.

Stérilet dans l'utérus
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L'ANSM, chargée de la sécurité des médicaments et des produits de santé, rappelle qu'une contraception efficace — stérilet compris — réduit le risque de grossesse, et donc celui de grossesse extra-utérine. Le problème survient uniquement lorsqu'une grossesse "échappe" à la contraception. Dans ce cas précis, elle a plus de chances d'être extra-utérine avec un stérilet que chez une femme utilisant une autre méthode ceontraceptive.

Pour les utilisatrices porteuses de Jaydess, l'agence ne recommande pas de retrait systématique. Le dispositif peut être conservé jusqu'à la date prévue, à condition d'être bien informée et de "consulter rapidement" en cas de signe inhabituel : retard de règles, test de grossesse positif, douleurs dans le bas-ventre, souvent d'un seul côté, parfois intenses, saignements vaginaux. En présence d'un ou de plusieurs de ces symptômes, il existe un risque de rupture de la trompe.

Celles qui souhaitent changer de contraception peuvent se tourner vers d'autres stérilets, en cuivre ou hormonaux, dont le profil de sécurité est mieux établi. Le stérilet Jaydess n'est plus commercialisé depuis novembre 2024 mais certains peuvent encore être disponibles dans des pharmacies de ville jusqu'en février 2027. Les dispositifs en place restent fonctionnels, à condition d'assurer un suivi attentif et de ne pas ignorer les signaux d'alerte.