Ce comportement au volant est typique des femmes bientôt ménopausées, d'après un médecin
La ménopause est un bouleversement pour le corps de la femme. Plusieurs symptômes l'annoncent. Un en particulier se verrait en voiture, selon le Dr Amir Khan. Son explication est neurobiologique.
Bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, cycles irréguliers, troubles du sommeil… Cette phase de transition hormonale, qui peut débuter dès 40 ans chez les femmes, n'est autre que la préménopause. Si certains symptômes sont facilement identifiables, un signe bien plus inattendu existe selon un médecin. La plupart des femmes ne font jamais le lien avec leurs hormones et pourtant, quelque chose se joue au niveau du cerveau qui va jusqu'à modifier certaines de leurs réactions en voiture. Il passe presque toujours sous les radars.
Pour le comprendre, il faut s'intéresser aux conséquences biologiques de la ménopause sur le cerveau féminin. "Lorsque les taux d'œstrogènes et de progestérone diminuent, le taux de sérotonine, l'hormone du bien-être, baisse également, et celui de GABA, le principal facteur d'apaisement cérébral, diminue lui aussi", explique le Dr Amir Khan dans une vidéo. Le cerveau perd ainsi deux de ses principaux régulateurs naturels. "Soudain, des choses qui ne semblaient pas menaçantes auparavant le deviennent, et le cerveau se met en mode combat ou fuite", poursuit le médecin.
Résultat : les femmes en préménopause peuvent se mettre à ressentir de l'anxiété en voiture. Le médecin l'illustre d'ailleurs avec sa propre sœur : "Elle devient soudainement très anxieuse dès qu'elle monte en voiture, que ce soit au volant ou comme passagère." Elle "doit se cramponner très fort" et "fait des remarques" sur la conduite des autres. "Ce qui rend cette expérience si terrifiante, c'est qu'elle survient souvent de façon inattendue. Il n'y a pas eu d'accident. Aucun élément déclencheur évident. Juste une perte de confiance soudaine et inexplicable", décrit Trish, coach spécialisée dans la ménopause. Le Dr Khan se veut toutefois rassurant : ce phénomène est "tout à fait normal".
Néanmoins, cette anxiété peut aller jusqu'à entraîner de véritables crises de panique. La coach détaille les symptômes ressentis par les femmes qu'elle accompagne : accélération du rythme cardiaque, essoufflement, vertiges, sensation d'irréalité ou de détachement, peur de perdre le contrôle et forte envie de s'échapper ou de s'arrêter. "Les crises de panique ne sont pas dangereuses en elles-mêmes, même si elles sont intenses", nuance-t-elle. Le vrai danger réside plutôt dans l'évitement qui s'installe progressivement : on modifie ses itinéraires, on raccourcit ses trajets, on évite les autoroutes, voire on cesse tout simplement de conduire.
Heureusement, des solutions existent. "Un traitement hormonal pourrait aider, une thérapie cognitivo-comportementale aussi, des exercices de respiration et d'ancrage également", préconise le Dr Khan. En parler à son médecin ou à son gynécologue reste la première étape pour évaluer la prise en charge la plus adaptée. On peut aussi essayer certains remèdes naturels comme la coriandre, qui produit des effets anxiolytiques. Mais surtout, pour vivre sereinement cette période, "le plus important, c'est de savoir qu'on n'est pas seule", conclut le médecin.
