Ce n'est pas une mauvaise herbe : au contraire, c'est un bouclier cognitif pour le cerveau
Longtemps sous-estimée, cette plante révèle des bienfaits surprenants : elle soutient les fonctions cognitives et protège durablement la santé du cerveau.
Oublier un prénom, chercher ses clés, perdre le fil d'une conversation… Ces petits trous de mémoire, souvent banalisés, peuvent être les tout premiers signes d'un déclin cognitif. Ce processus touche des milliers de personnes et peut, dans certains cas, annoncer une maladie neurodégénérative comme Alzheimer. Face à ce fléau de santé publique, la recherche s'active pour trouver des pistes de prévention accessibles. Parmi elles : une plante bien connue qui se trouve peut-être dans votre jardin.
Les chercheurs se sont intéressés aux polyphénols extraits des fleurs, racines et feuilles de cette plante. Ces molécules végétales sont reconnues pour leurs effets antioxydants. Au total, 84 molécules neuroprotectrices ont été identifiées dans cette plante. Les chercheurs ont analysé leur effet potentiel sur le cerveau, notamment contre trois mécanismes impliqués dans des maladies comme Alzheimer : la destruction de l'acétylcholine essentielle à la mémoire, l'inflammation chronique des neurones et la neutralisation du stress oxydatif. Résultat : les polyphénols des feuilles de la plante étaient les plus efficaces pour protéger le cerveau. Pour les scientifiques, les feuilles "constituent un aliment fonctionnel prometteur pour la prévention des maladies neurodégénératives".
De quelle plante s'agit-il ? Du pissenlit (Taraxacum officinale). Cette plante vivace, présente dans les prairies, les jardins et au bord des chemins, est souvent arrachée et considérée comme invasive. Elle est pourtant utilisée depuis des siècles, tant dans la médecine traditionnelle chinoise qu'européenne. Les jeunes feuilles se dégustent crues en salade ou légèrement revenues comme des épinards, assaisonnées d'une demi-cuillère d'huile d'olive, dont les effets protecteurs contre la démence ont été observés par ailleurs. On peut aussi les boire en tisane (voir ci-dessous).
Les chercheurs se sont par ailleurs intéressés à ce qui arrive aux feuilles de pissenlit pendant la digestion, en utilisant un modèle in vitro, c'est-à-dire une digestion recréée en laboratoire qui imite les étapes du corps humain (bouche, estomac, intestin). Ils ont observé que les polyphénols ne disparaissent pas au fil du processus. Dans un premier temps, leur quantité diminue dans l'environnement acide de l'estomac. Puis, une fois arrivés dans la phase intestinale, ils sont en partie libérés et redeviennent plus disponibles. Cela signifie que les feuilles de pissenlit conservent un potentiel biologique une fois consommées.
Les fleurs du pissenlit sont complémentaires aux feuilles puisqu'elles neutralisent certains radicaux libres. La racine, elle, semble la moins intéressante. L'étude chinoise publiée dans la revue Foods doit maintenant être complétée d'essais sur des humains. En attendant, rien n'empêche de profiter des bienfaits du pissenlit. Sur les conseils de notre naturopathe Frédérique Laurent, vous pouvez préparer une infusion de feuilles de pissenlit (4 à 10 g de feuilles séchées dans 150 ml d'eau, jusqu'à 3 fois par jour maximum).
Attention : le pissenlit est formellement déconseillé en cas d'occlusion des voies biliaires, et requiert l'avis du médecin pour les personnes atteintes de calculs biliaires non occlusifs. Ne pas dépasser 30 g de feuilles par jour et à utiliser ponctuellement seulement, pas au long cours. En cas de doute, demander conseil à un pharmacien. Dernier conseil : si vous cueillez du pissenlit vous-même, récoltez-le loin des routes, des zones traitées aux pesticides et des terrains pollués. La cueillette sauvage peut être l'occasion de récolter d'autres plantes aux vertus reconnues, comme la mélisse, idéale pour le sommeil et le bien-être.
