Les recommandations ont changé : voici le nombre d'oeufs qu'on peut manger par jour quand on a du cholestérol
Les oeufs ne sont plus déconseillés en cas de cholestérol. Au contraire. Notre experte en nutrition révèle combien on peut désormais en manger sans risque par jour.
Pendant longtemps, les oeufs étaient pointés du doigt et déconseillés pour les personnes qui ont du cholestérol. On l'accusait d'encrasser nos artères à cause de la teneur en cholestérol de son jaune. Pourtant, la science a évolué et le regard des spécialistes avec elle. "C'est une vieille croyance médicale", martèlent des médecins français comme Jean-Michel Cohen, convaincu que l'oeuf est la protéine de référence. Comme l'explique au Journal des Femmes Audrey Vergès, naturopathe et spécialiste en nutrition et perte de poids, le raccourci entre l'oeuf et le cholestérol sanguin est aujourd'hui remis en question : "Les œufs ne sont pas un problème pour le cholestérol. Le cholestérol n'augmente pas à cause d'un seul aliment (en l'occurrence l'œuf), mais à cause d'une synergie de facteurs (graisses industrielles, sucre raffiné en excès, absence de fibres dans l'alimentation, sédentarité...)".
Bien entendu, tous les œufs ne se valent pas nutritionnellement. Pour protéger sa santé cardiovasculaire, il faut privilégier les œufs riches en oméga 3, qui possèdent des vertus anti-inflammatoires. Selon Audrey Vergès, "l'idéal sont les œufs issus de la filière Bleu-Blanc-Cœur". À l'inverse, les œufs de batterie, souvent issus d'animaux nourris au soja ou au maïs, sont trop riches en oméga 6, ce qui les rend pro-inflammatoires et bien moins bénéfiques pour l'organisme.
Si vous surveillez votre cholestérol, vous vous attendez sans doute à une restriction sévère. Détrompez-vous : les nouvelles recommandations sont bien plus souples qu'autrefois. La spécialiste n'hésite pas à bousculer les idées reçues lors de ses suivis : "En consultation, je conseille jusqu'à 3 œufs par jour s'ils sont de qualité (soit jusqu'à 21 œufs par semaine)", affirme Audrey Vergès. On peut par exemple les manger à la coque, mollets, pochés, au plat ou même en omelette (à condition de ne pas trop mettre de matière grasse dans la poêle) et de veiller à garder le jaune légèrement coulant pour préserver toutes ses vertus.
Cette approche est partagée par de nombreux médecins nutritionnistes, à l'image du Dr Jean-Michel Lecerf, chef du service nutrition de l'Institut Pasteur de Lille, qui rappelle régulièrement que le cholestérol alimentaire a peu d'influence sur le taux sanguin. "La limite de 2 ou 3 par semaine est une recommandation obsolète : l'œuf est avant tout une mine d'or nutritionnelle dont il serait dommage de se priver par peur de chiffres dépassés", indique-t-il dans son ouvrage "Le cholestérol décrypté" (Éditions Solar).
Une étude publiée dans le journal Metabolism confirme qu'une consommation de 3 œufs par jour augmente le "bon" cholestérol (HDL) et ne modifie pas négativement le "mauvais" (LDL) dans le cadre, bien entendu, d'une alimentation équilibrée en sucres, en fibres et en lipides. Cette quantité de 3 œufs par jour, qui peut paraître surprenante, s'inscrit dans une approche nutritionnelle moderne où l'on privilégie les bonnes graisses plutôt que de les supprimer. Bien entendu, ces conseils s'appliquent à la majorité de la population ; en cas de pathologie génétique rare liée au cholestérol, l'avis de votre médecin reste indispensable
Au-delà des œufs, c'est l'ensemble de l'hygiène de vie qui détermine la gestion du cholestérol. Plutôt que de traquer un seul aliment, mieux vaut surveiller les sucres transformés et les graisses saturées de mauvaise qualité qui, eux, favorisent réellement les dépôts de gras au niveau des artères. En intégrant des œufs de qualité dans un régime riche en végétaux et en fibres, on profite d'une excellente source de protéines et de vitamines sans mettre sa santé en péril. L'œuf redevient ainsi ce qu'il a toujours été : un allié nutritionnel complet et accessible.