Un trésor préhistorique découvert en France : 500 oeufs de dinosaures refont surface après 70 millions d'années

Une importante découverte paléontologique a révélé un site de nidification de dinosaures contenant des centaines d'œufs fossilisés.

Un trésor préhistorique découvert en France : 500 oeufs de dinosaures refont surface après 70 millions d'années
© Droits réservés / Gemini (photo d'illustration)

C'est une découverte digne de Jurassic Park ! Ce qui semblait être de simples formations rocheuses s'est révélé être l'un des plus grands gisements d'œufs de dinosaures jamais découvert en Europe. Plus de 500 œufs fossilisés ont été exhumés, ce qui a permis d'offrir un regard inédit sur la vie des espèces qui foulaient le sol français il y a 72 millions d'années.

Tout a commencé par une mission de préservation dans la "Plaine des Dinosaures". Ce site, déjà connu des paléontologues du monde entier, repose sur des argiles rouges du Crétacé supérieur, l'âge d'or des dinosaures. Chaque année, l'érosion naturelle et le ruissellement font remonter à la surface de nouveaux fragments de fossiles : dents de prédateurs, débris d'os ou éclats de coquilles. Alors que ce secteur n'avait jamais livré un secret d'une telle ampleur, les chercheurs ont mis au jour une concentration phénoménale de nids.

En creusant, l'équipe a réalisé qu'elle ne faisait pas face à quelques spécimens isolés, mais à un véritable nid préhistorique à ciel ouvert. Ce sont finalement 552 œufs de dinosaures, attribués à des Titanosaures (des herbivores géants au long cou), qui ont été identifiés au pied de la célèbre montagne Sainte-Victoire, dans les Bouches-du-Rhône. Pour l'équipe de fouilles du Muséum d'Histoire Naturelle d'Aix-en-Provence, il s'agit d'une véritable capsule temporelle. "On ne s'attendait pas à en trouver autant d'un coup. Ce qui est incroyable, c'est l'état de conservation : on voit encore la structure de la coquille, c'est comme si le temps s'était arrêté il y a 70 millions d'années", expliquent les experts du Muséum, stupéfaits par la densité du gisement.

Ponte de dinosaure © Pascale Michellier / Muséum d'Aix © MyProvence

Pendant des décennies, les scientifiques s'interrogeaient sur les habitudes de reproduction des grands sauropodes en Europe occidentale. Ce gisement colossal confirme deux points importants : les dinosaures revenaient année après année au même endroit en Provence pour pondre, à la manière des tortues marines actuelles. La densité des nids suggère également une ponte collective, une stratégie de groupe pour protéger leur descendance contre les prédateurs. Si la découverte de la Sainte-Victoire nous fascine, c'est aussi parce qu'elle représente le "chapitre final" d'une histoire commencée il y a plus de 230 millions d'années. À l'autre bout du monde, au Zimbabwe, des chercheurs ont récemment exhumé le Mbiresaurus raathi, l'un des plus vieux dinosaures jamais découverts.

Le site de la Sainte-Victoire est unique car les œufs ont été figés par des dépôts de boue et de sable issus d'anciens fleuves tropicaux. Certains spécimens sont si bien conservés qu'ils permettent d'étudier la porosité de la coquille, révélant ainsi de précieux détails sur le climat humide et brûlant qui régnait dans le sud de la France à la fin du Crétacé.