Les enfants nés avec ces 2 particularités ont un QI plus bas à l'âge adulte, selon une nouvelle étude

Cette observation a été menée sur des enfants en bonne santé.

Les enfants nés avec ces 2 particularités ont un QI plus bas à l'âge adulte, selon une nouvelle étude
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Une nouvelle analyse apporte un éclairage sur les conséquences possibles de l'état de santé des bébés à la naissance sur leurs capacités cognitives et précisément leur quotient intellectuel à l'âge adulte. Si les progrès médicaux ont considérablement amélioré la prise en charge des nouveau-nés, les effets à long terme de certaines conditions à la naissance restent encore peu étudiés.

Il faut le rappeler : le quotient intellectuel ou "QI" évolue tout au long de la vie. Il atteint même un pic à un âge en particulier. Selon les travaux des chercheurs de l'Université d'Oxford publiés le 30 mars dans la revue scientifique JAMA Pediatrics, il peut être influencé dès la naissance. Les scientifiques ont passé en revue 40 synthèses d'études issues de grandes bases de données internationales, représentant près de 800 résultats, afin d'évaluer l'impact des conditions de naissance de l'enfant sur ses capacités cognitives et son parcours scolaire plus tard.

Leur constat est clair : être né prématuré ou avec un faible poids à la naissance est associé à un QI plus faible. Concrètement, les chercheurs indiquent que les individus concernés étaient nés avant 37 semaines de grossesse ou pesaient moins de 2,5 kg à la naissance. En moyenne, ils obtenaient des scores plus faibles aux tests d'intelligence. L'écart observé correspondait à environ 10 points de QI.

De plus, "la prématurité ou un faible poids à la naissance étaient associés à des résultats plus faibles en lecture, à des performances plus faibles en mathématiques, à des performances plus faibles en orthographe et à un plus grand besoin de soutien pédagogique" indiquent les auteurs. Plus la naissance est précoce - ou le poids faible - plus les difficultés observées sont marquées. Ces écarts sont particulièrement visibles pendant l'enfance. Ils tendent à s'atténuer à l'adolescence, sans toutefois disparaître complètement : certaines différences persistent à l'âge adulte.

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Comment l'expliquer ? Le cerveau se développe intensément en fin de grossesse. Une naissance prématurée peut donc interrompre certaines étapes clés de maturation. De même, un faible poids de naissance peut refléter un développement moins favorable pendant la vie intra-utérine. Pour autant, les auteurs insistent sur un point essentiel : ces facteurs ne déterminent pas à eux seuls l'intelligence future. L'environnement familial, la stimulation précoce, l'accès aux soins et le niveau socio-économique jouent un rôle majeur. Autrement dit, il s'agit de tendances observées à l'échelle des populations, et non de prédictions individuelles. Tous les enfants concernés ne rencontreront pas de difficultés.

Ces travaux soulignent surtout l'importance d'un repérage précoce des enfants à risque et d'un suivi dans la durée, afin de proposer un accompagnement adapté sur le plan médical et éducatif. L'objectif est de repérer au plus tôt d'éventuelles difficultés pour mieux soutenir les apprentissages.