42 000 secrets de l'Égypte antique révélés : une IA déchiffre des archives oubliées depuis des millénaires

L'intelligence artificielle redonne vie à des secrets que l'on pensait perdus à jamais. Une équipe de chercheurs nous font plonger dans les coulisses d'une découverte qui bouleverse tout ce que nous pensions savoir sur l'Égypte antique.

42 000 secrets de l'Égypte antique révélés : une IA déchiffre des archives oubliées depuis des millénaires
© Jan Marot - stock.adobe.com (photo d'illustration)

Trop fragiles pour être manipulés, trop illisibles pour l'œil humain, ces documents secrets dormaient dans l'oubli. Jusqu'à aujourd'hui. Une nouvelle intelligence artificielle spécialisée dans la paléographie numérique vient de lever le voile sur des milliers de textes inédits. Depuis plus d'un siècle, des milliers de fragments gisaient dans les réserves des plus grands musées du monde, d'Oxford à Berlin. "On savait qu'ils étaient là, mais ils étaient physiquement impossibles à lire, souvent réduits à l'état de charbon ou agglomérés en blocs indéchiffrables", explique Brent Seales, l'expert en informatique de l'Université du Kentucky qui a dirigé ces recherches.

Le véritable défi de cette mission archéologique n'était pas seulement de lire ces textes, mais de réussir à "recoller" les morceaux d'un puzzle géant éparpillé par le temps. Pour y parvenir, l'intelligence artificielle a déployé un véritable arsenal technologique. Elle a notamment utilisé l'imagerie multispectrale pour détecter des traces d'encre totalement invisibles à l'œil nu sur des supports carbonisés ou effacés.

Une fois les signes révélés, elle a agi comme un traducteur instantané capable de déchiffrer les écritures égyptiennes de l'époque à une vitesse dépassant de loin celle des plus grands experts mondiaux. Enfin, grâce à sa mémoire infinie, l'IA a pu comparer et croiser 42 000 fragments en quelques secondes seulement, identifiant instantanément les pièces qui se complétaient pour reconstituer des documents entiers, restés brisés depuis des millénaires. Cette capacité de l'IA à repérer ce qui échappe à l'humain rappelle d'ailleurs une autre prouesse récente : la découverte de centaines de nouveaux géoglyphes au Pérou, levant enfin le voile sur le mystère des lignes de Nazca.

Papyrus retrouvés © Le Berliner Papyrusdatenbank, une immense base de données en ligne.

Ces documents n'étaient pas seulement des textes de pharaons. Ce sont des témoins ultra précieux de la vie quotidienne des Egyptiens. Des milliers de lettres d'amour, de ruptures et de correspondances privées ont été retrouvées et montrent que l'expression des sentiments n'a pas changé en 3 000 ans. "Lire ces fragments, c'est un peu comme si on tombait sur le flux WhatsApp ou les SMS d'un habitant d'il y a 3 000 ans", résume souvent la communauté des papyrologues qui travaillent avec l'IA. Sur des listes de courses et des courriers officiels, les chercheurs ont pu découvrir le prix du grain et les plaintes contre l'administration fiscale de l'époque. Il y avait même des horoscopes et des cartons d'invitation. Enfin, de nombreuses recettes de potions et de remèdes médicaux oubliés pour soigner les maux de tête ou les morsures de scorpion ont été révélées.  

Ce genre de découvertes est le fruit de collaborations internationales. Par exemple, l'Université d'Oxford gère la plus grande collection de papyrus au monde, notamment celle d'Oxyrhynque. Mais aussi des ingénieurs en informatique de l'Université du Kentucky associés à des égyptologues du CNRS ou de musées comme celui de Berlin ou du Caire.