Le plus grand mystère archéologique est résolu : 300 trésors cachés depuis 2000 ans découverts grâce à l'IA

Alors que les archéologues pensaient avoir exploré tous les secrets du désert péruvien, une intelligence artificielle vient de réussir l'impossible : détecter des centaines de dessins vieux de 2000 ans qui étaient jusqu'à présent invisibles pour l'œil humain.

Le plus grand mystère archéologique est résolu : 300 trésors cachés depuis 2000 ans découverts grâce à l'IA
© SIPA (publiée le 24/02/2026) Martin Mejia/AP/SIPA / Désert de Nazca en 2023

C'est une prouesse technologique qui balaye des décennies d'incertitudes. Alors que les experts exploraient chaque centimètre de ce territoire aride depuis 80 ans, une intelligence artificielle a révélé des centaines de secrets colossaux, invisibles à l'œil nu, qui bouleversent notre vision de l'Histoire. Et ce, en 6 mois seulement.

Il faut imaginer un désert de poussière et de pierres, brûlé par le soleil et poli par le vent. C'est ici, sur l'un des sols les plus hostiles de la planète, que des Hommes ont gravé des centaines de messages monumentaux il y a deux millénaires. Mais le temps et l'érosion ont fait leur œuvre : ces traces sont devenues si subtiles et discrètes que même les archéologues les plus chevronnés, qui survolent la zone en avion ou analysent des clichés satellites, passaient à côté sans rien voir. Pendant 80 ans, le nombre de découvertes stagnait et les archéologues pensaient avoir fait le tour de la question. Mais c'était sans compter sur la puissance de calcul d'IBM et des chercheurs de l'Université de Yamagata qui ont permis d'identifier 303 nouveaux trésors archéologiques (voir photos ci-dessous).

Ces trésors sont les célèbres lignes du désert de Nazca, au Pérou. Ce sont d'immenses géoglyphes - des dessins géants réalisés à même le sol - qui représentent des animaux, des plantes et d'étranges créatures humanoïdes dont les plus célèbres sont le singe, le colibri ou l'araignée. L'IA en a détecté d'autres : des dessins de plus petite taille, situés le long d'anciens sentiers de pèlerinage, restés cachés dans le paysage désertique depuis l'an 200 avant J.-C. Concrètement, elle a repéré des personnages ressemblant à des êtres humains portant des masques, ou des silhouettes aux têtes disproportionnées. Certains ressemblent presque à des personnages de dessins animés modernes, ce qui renforce le côté mystérieux.

15 des 303 nouveaux géoglyphes découverts lors de l'étude assistée par IA. La barre d'échelle mesure 5 mètres. © Université de Yamagata - Dr Masato Sakai

Elle a aussi identifié des représentations de sacrifices humains. On y voit par exemple des personnages tenant des têtes coupées. Cela confirme que ces tracés n'étaient pas juste "beaux", mais liés à des rites religieux profonds et parfois violents. Plus surprenant, elle a détecté des animaux exotiques dont on ignorait la présence dans la culture Nazca. Mais aussi des formes représentant des outils ou des objets, comme des filets de pêche, qui montrent l'importance des ressources maritimes pour ce peuple du désert.

Cette découverte change tout sur le rôle de ces dessins géants. Jusqu'ici, les archéologues pensaient qu'ils servaient de calendrier astronomique ou que c'étaient des messages destinés aux dieux. Grâce à la masse de données récoltées par l'IA, ils ont désormais une nouvelle piste fascinante : ces dessins sont en réalité des panneaux de signalisation rituels. Les anciens habitants les auraient gravés pour communiquer avec les voyageurs et les guider vers Cahuachi, la grande cité de pyramides, lors de cérémonies sacrées. À travers ces dessins, les Nazcas "parlaient" aux pèlerins : chaque figure (un orque, une tête coupée, un lama) agissait comme un symbole rituel, préparant l'esprit du voyageur à mesure qu'il approchait des temples sacrés.

L'œil humain les avait ratés car la grande différence avec les lignes "historiques" (comme le Colibri qui fait 96 mètres), c'est que ces nouvelles figures sont plus petites (souvent entre 5 et 15 mètres) et situées près des sentiers. À ras du sol, elles ressemblent à de simples amas de cailloux. Il a fallu que l'IA analyse le contraste des pixels sur des milliers de photos aériennes pour comprendre qu'il s'agissait de dessins volontaires.