Des bactéries fécales sur 70% des chariots de supermarché : quels risques vraiment ?

Sur un sous-groupe de 35 chariots étudiés précisément, la moitié contenait la bactérie Escherichia coli. Plus que dans des WC... Diarrhées, crampes abdominales, nausées... Cette bactérie peut contaminer une personne et la rendre malade.

Des bactéries fécales sur 70% des chariots de supermarché : quels risques vraiment ?
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Une étude menée par l'Université d'Arizona révèle que 72 % des chariots de supermarché testés présentaient des traces de bactéries d'origine fécale. Dans certains cas, la concentration relevée sur les poignées était jusqu'à 361 fois plus élevée que sur des poignées de toilettes publiques. Les chercheurs ont analysé les zones les plus manipulées, notamment les poignées. Sur un sous-groupe de 35 chariots étudiés plus précisément, la moitié contenait la bactérie Escherichia coli (E. coli). Cette bactérie vit naturellement dans l'intestin humain et animal. Sa présence sur une surface extérieure indique une contamination fécale, même si toutes les souches ne sont pas dangereuses.

Cette situation s'explique par le mode d'utilisation des chariots. Ils passent de main en main toute la journée sans être nettoyés entre deux clients. Contrairement aux toilettes publics, régulièrement désinfectés, ils ne bénéficient pas toujours d'un entretien fréquent. Pendant la crise du Covid-19, les protocoles avaient été renforcés dans de nombreuses enseignes. Selon des témoignages relayés dans les médias, ces pratiques sont aujourd'hui beaucoup moins systématiques. 

Les bactéries déposées sur les surfaces peuvent survivre plusieurs heures, parfois davantage selon les conditions. Plus une poignée est manipulée, plus elles s'y accumulent et se transmettent d'un client à l'autre. La présence d'E. coli ne signifie pas automatiquement un danger. Le principal risque reste digestif : diarrhées, crampes abdominales ou nausées. Chez une personne en bonne santé, ces troubles sont généralement bénins. En revanche, les jeunes enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées ou immunodéprimées peuvent être plus vulnérables.

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Toucher une poignée contaminée ne suffit pas à déclencher une infection. Il faut en général que les bactéries soient portées à la bouche, par exemple en se touchant le visage ou en manipulant des aliments sans s'être lavé les mains. Des gestes à éviter donc au maximum quand on fait ses courses. Les chariots ne sont pas les seules surfaces concernées en supermarché. Les écrans tactiles, balances ou poignées de réfrigérateurs sont eux aussi très manipulés. Comme dans les transports ou les lieux publics, les mains restent l'un des principaux vecteurs de transmission des infections digestives.

Ces données ne doivent pas provoquer d'inquiétude excessive. Les bactéries font partie de notre environnement quotidien. Les auteurs de l'étude suggèrent toutefois d'améliorer le nettoyage des chariots pour limiter la transmission entre clients. Cela vaut aux Etats-Unis où l'analyse a été menée et dans les autres pays comme la France où les chariots passent de la même manière de mains en mains. À titre individuel, quelques gestes simples peuvent réduire la contamination : utiliser du gel hydroalcoolique à l'entrée du magasin, éviter de porter les mains au visage pendant les courses et se laver soigneusement les mains en rentrant. Des réflexes simples, mais efficaces pour limiter les risques.