Des millions de Français boivent cette boisson sans savoir qu'elle abîme silencieusement leur foie
Naturelle, vitaminée, cette boisson onctueuse rassure. Pourtant, derrière son image santé se cache une réalité beaucoup moins flatteuse : consommée quotidiennement, elle encrasse le foie et favorise le stockage des graisses.
Au rayon des boissons du quotidien, celle-ci fait partie des basiques. On la sert dès les premières heures de la journée, on la glisse dans un brunch, on la considère comme une option plus saine qu'un soda. Son image est simple : naturelle, vitaminée, presque indispensable. Dans les supermarchés, elle occupe des mètres linéaires entiers. Pourtant, derrière ce positionnement très alimentaire, son impact métabolique est bien différent : "Il n'y a pas grand chose de positif dans cette boisson : il n'y aucune fibre, autant de sucre qu'un soda, ce sera donc inflammatoire", prévient d'emblée Audrey Vergès, naturopathe.
Les fibres servent normalement de rempart contre les agressions. Sans ces remparts, le sucre, qui plus est liquide, arrive massivement vers le foie. Submergé, ce dernier n'a d'autre choix que de transformer l'excès de sucre en graisse. Ce processus de stockage de graisse dans les cellules hépatiques est identique à celui provoqué par l'alcool, faisant de cette habitude un facteur de risque majeur pour le surpoids et les maladies métaboliques. Des études (comme celles publiées dans Nature Metabolism et par l'Université de Barcelone) démontrent qu'un flux massif de fructose liquide sature les capacités du foie. De plus, notre cerveau ne comptabilise pas les calories liquides de la même façon que les aliments solides. On peut donc consommer ces boissons plus que de raison sans même s'en rendre compte.
On parle ici du jus d'orange du commerce y compris celui qui étiqueté "sans sucres ajoutés". Certains jus "sans sucres ajoutés" utilisent des concentrés de jus de raisin ou de pomme comme édulcorants naturels, ce qui augmente considérablement la teneur en fructose sans que cela apparaisse clairement sur l'étiquette. De plus, même les jus "100 % pur jus" subissent un processus industriel qui dégrade leurs qualités nutritionnelles. Lors de la pasteurisation à haute température, nécessaire pour leur conservation, la vitamine C - pourtant l'argument santé numéro 1 - est en grande partie détruite. C'est pour cette raison que les fabricants doivent souvent la rajouter artificiellement après coup.
Chaque matin, des millions de personnes commencent leur journée avec un grand verre de jus d'orange industriel, convaincues de faire un choix sain. Après tout, c'est plein de vitamine C, c'est naturel, et les publicités le vendent comme l'allié parfait d'un petit-déjeuner équilibré. Evidemment, un verre de temps en temps, lors d'un brunch ou d'une occasion spéciale, ne pose pas de problème. "C'est l'habitude matinale quotidienne, souvent à jeun, qui devient problématique pour le foie et la glycémie." Par ailleurs, ce détail rarement évoqué : un verre de jus d'orange nécessite 3 à 4 oranges pressées. Personne ne mangerait spontanément autant de fruits en une seule fois, pourtant nous ingurgitons cette quantité de sucre en quelques gorgées.
A la place, Audrey Vergès propose des alternatives plus respectueuses du foie. "On peut boire éventuellement un jus pressé soi-même et aussitôt bu : on y conservera ainsi un minimum de fibres et une meilleure qualité nutritionnelle". Elle note également qu'un jus de pamplemousse peut être intéressant, car il est naturellement moins sucré que le jus d'orange. Mais attention avec la prise de médicaments, car le pamplemousse peut interagir avec de nombreuses molécules, comme les statines, certains traitements contre l'hypertension, les maladies cardiaques et les immunosuppresseurs.
