Rappel de lait Guigoz : décès d'un nourrisson, quels symptômes d'alerte ?

Des lots de laits infantiles Guigoz et Nidal ont été retirés du marché par précaution début janvier. Plusieurs familles ont alerté les autorités sanitaires après l'apparition de troubles digestifs chez leurs nourrissons.

Rappel de lait Guigoz : décès d'un nourrisson, quels symptômes d'alerte ?
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Début janvier 2026, le groupe Nestlé a procédé à un rappel préventif élargi de laits infantiles commercialisés en France et dans plusieurs pays européens, notamment sous les marques Guigoz et Nidal. Ce rappel est survenu après la détection d'un "incident de qualité" impliquant un ingrédient susceptible de contenir du céréulide, une toxine d'origine bactérienne. 

Le rappel concernait des lots précis, identifiables grâce aux références indiquées sur les emballages, et a entraîné le retrait de nombreux produits déjà distribués. Selon une enquête de Radio France, le décès d'un nourrisson ayant consommé du lait Guigoz a été signalé aux autorités sanitaires. Le ministère de la Santé confirme que des investigations sont en cours afin d'analyser le produit concerné et d'évaluer un éventuel lien avec la toxine. À ce stade, aucune imputabilité n'a été établie entre la consommation du lait et ce décès, et les résultats des analyses sont attendus dans les prochains jours.

Plusieurs familles ont alerté les autorités sanitaires après l'apparition de symptômes digestifs chez leurs nourrissons. Radio France indique qu'une soixantaine d'appels ont été reçus par les centres antipoison, ainsi que des signalements adressés aux Agences régionales de santé. Dans certains cas, une prise en charge médicale a été nécessaire, et certains parents expliquent avoir cessé l'utilisation du lait dès la découverte du rappel.

La substance suspectée, le céréulide, est une toxine produite par certaines souches de la bactérie Bacillus cereus. Elle est connue pour provoquer des troubles digestifs comme des diarrhées et des vomissements. "Dans la plupart des cas, ces symptômes apparaissent rapidement (30 minutes à 6 heures) après l'exposition, avec une récupération rapide. Les bébés se déshydratant rapidement, tout vomissement répété après consommation des lots concernés doit conduire à une évaluation médicale rapide, que la céréulide soit en cause ou non" informe Nestlé.

Le ministère de la Santé rappelle que ces manifestations peuvent également être liées à des infections fréquentes chez les jeunes enfants en période hivernale. Plus rarement, la toxine peut entraîner des intoxications graves chez les nourrissons : septicémie, entérocolite nécrosante, hépatite fulminante (maladie du foie), encéphalopathie et abcès cérébral (touchant le cerveau) selon l'Anses. La toxine peut persister dans les aliments malgré des traitements thermiques classiques. Dans une réponse transmise à la cellule investigation de Radio France le 18 janvier 2026, Nestlé indique avoir procédé à ces rappels de manière volontaire et par précaution, en coordination avec les autorités sanitaires, et n'avoir identifié aucun cas de maladie confirmé en lien direct avec les produits concernés. Le groupe explique que l'élargissement du rappel s'est fait une fois la traçabilité des lots concernés établie.

Les autorités recommandent aux parents de vérifier les références des laits infantiles en leur possession et de ne pas utiliser les lots faisant l'objet d'un rappel. En cas de symptômes chez un nourrisson, une consultation médicale est conseillée. "En l'absence de symptômes, il n'y a pas lieu de s'inquiéter d'un impact à long terme sur la santé" informe Nestlé. De nouvelles informations seront communiquées à mesure de l'avancée des investigations.