Galette des rois remboursée par la Sécurité sociale : pour qui ?

L'idée peut surprendre, voire choquer mais certaines galettes des rois peuvent être remboursées par la Sécurité sociale. En plein mois de janvier, la polémique sur ce remboursement enfle...

Galette des rois remboursée par la Sécurité sociale : pour qui ?
© Galette des rois : Mourad ALLILI/SIPA (publiée le 15/01/2026)

Manger une délicieuse galette de boulangerie gratuitement ou presque, c'est tentant non ? Pour certaines personnes c'est possible selon la loi. Des galettes des rois peuvent, sous conditions, être partiellement remboursées par la Sécurité sociale. Sur les réseaux sociaux comme dans la sphère politique, plusieurs voix s'interrogent sur l'opportunité d'un tel remboursement, alors que la Sécurité sociale affiche un déficit estimé à 24 milliards d'euros. Le député LR Laurent Wauquiez a notamment dénoncé une "erreur de priorité", estimant que les moyens devraient d'abord être dirigés vers les hôpitaux, les urgences ou le recrutement de soignants. De quelles galettes parle-t-on ?

Concrètement, ces galettes peuvent bénéficier d'un remboursement partiel par l'Assurance Maladie, à condition qu'elles soient prescrites par un médecin à certains patients. Le montant pris en charge reste modeste : quelques euros par galette, pour un prix de vente avoisinant les 19 euros. Pour l'Assurance maladie, la règle est claire : il ne s'agit ni d'un remboursement automatique ni généralisé. Seuls les patients diagnostiqués peuvent en bénéficier, dans des plafonds stricts, et uniquement pour des produits répondant à des critères précis. Mais diagnostiqués de quoi ?

Les galettes qui peuvent être remboursées par la Sécurité sociale sont les galettes "sans gluten". Elles ne sont fabriquées que dans quelques boulangeries en France, notamment en Normandie. Le remboursement repose sur un dispositif médical ancien destiné aux personnes atteintes de maladie cœliaque, une pathologie imposant une exclusion stricte du gluten. Le moindre écart au gluten peut provoquer des douleurs, des troubles digestifs, de la fatigue et, à long terme, des carences pour les malades.

Selon les chiffres, en France, le nombre de personnes concernées par l'intolérance au gluten (la maladie cœliaque) est estimé à environ 1% de la population, ce qui représente environ 500 000 à 700 000 personnes. Mais beaucoup ne sont pas diagnostiqués officiellement : on estime que seuls 10 % à 20 % des personnes intolérantes au gluten ont reçu un diagnostic formel, parce que les symptômes peuvent être légers ou atypiques. Le remboursement ne concerne donc qu'une très faible portion de la population.

Gluten
© 123rf- sosiukin

Les associations de patients rappellent que ce remboursement ne relève ni d'un confort alimentaire ni d'un effet de mode. Pour les personnes atteintes de maladie cœliaque, le sans gluten n'est pas un choix, mais une nécessité médicale. Or ces produits restent plus chers, parfois difficiles à trouver, et leur coût pèse durablement sur le budget des familles concernées. Ce remboursement s'inscrit dans un cadre plus large : depuis plusieurs années, certains produits sans gluten — pains, farines, biscuits ou pâtisseries spécifiques — peuvent être partiellement pris en charge pour les personnes atteintes de maladie cœliaque, afin de compenser le surcoût important de ces aliments par rapport aux produits classiques.

Au-delà de la galette des rois, la polémique met surtout en lumière une question plus large : comment concilier solidarité nationale, contraintes budgétaires et prise en charge des maladies chroniques, lorsque celles-ci imposent des dépenses alimentaires spécifiques ? Un débat qui dépasse largement l'Épiphanie et interroge plus largement la prise en charge des maladies chroniques au quotidien.