Mieux qu'en Laponie : voici la ville de France où on a le plus de chance de voir des aurores boréales

L'intensification des tempêtes solaires et de la magnétosphère offre à cette ville française des aurores boréales dignes de l'activité atmosphérique polaire.

Mieux qu'en Laponie : voici la ville de France où on a le plus de chance de voir des aurores boréales
© PASCAL BOURGUIGNON/SIPA (publiée le 26/11/2025)

Si la Laponie reste la terre promise des aurores boréales, la France devient un terrain d'observation privilégié grâce à l'intensification des cycles solaires. Ce phénomène, loin d'être un simple spectacle visuel, est une réaction géophysique : l'interaction entre le vent solaire et la magnétosphère terrestre. En période de tempête géomagnétique (forte activité solaire), l'ovale auroral s'étire vers nos latitudes, permettant l'ionisation des gaz au-dessus de nos têtes.

Contrairement aux idées reçues, la couleur de l'aurore dépend de la physique des gaz et de l'altitude d'impact. En Norvège, le vert domine car les particules percutent l'oxygène dans la basse thermosphère (entre 100 et 300 km). En France, nous observons principalement des lueurs rouges car nous n'apercevons que la partie supérieure du phénomène, située à plus de 300 km d'altitude. À ce niveau, la raréfaction de l'air permet aux atomes d'oxygène d'émettre cette lumière rubis si caractéristique.

Voir une aurore boréale en France reste un événement peu fréquent et aléatoire. Pour maximiser vos chances, plusieurs conditions doivent être réunies simultanément. Premièrement, et c'est la plus cruciale, l'activité solaire doit être extrêmement élevée. Pour la déterminer, les prévisionnistes utilisent l'indice Kp : il faut que cet indicateur atteigne idéalement un niveau de 5 ou 6 pour que l'ovale auroral s'étende suffisamment loin vers le sud. Deuxièmement, le ciel doit être parfaitement dégagé, sans couverture nuageuse, pour ne pas masquer la faible lueur de l'aurore. Enfin, et c'est un facteur déterminant, vous devez vous éloigner au maximum de la pollution lumineuse des villes. La lumière des lampadaires, des bâtiments ou des enseignes est souvent bien plus intense que l'aurore elle-même, l'annulant de fait.

Aurores boréales en France © jeanpierre - stock.adobe.com

L'idéal est de viser une plage ou un cap qui s'avance dans la mer, loin des phares ou des éclairages portuaires ou encore un point élevé offrant une vue panoramique et sans obstacle sur le Nord pour minimiser l'impact des collines ou forêts. Géographiquement, plus vous êtes proche du pôle magnétique, plus vos chances d'observer des aurores boréales augmentent. C'est pourquoi le Nord de la France est la zone la plus privilégiée pour voir des aurores boréales. Selon des sites spécialisés dans la prévision aurorale, la ville française qui offre les meilleures chances d'observation n'est autre que Lille (avec une latitude d'environ 52,0°), indique le site AuroraForecast. Sur les 5 dernières années, Lille a connu 6 épisodes d'aurores boréales majeurs, souvent sous forme de lueurs rouges à l'horizon. D'autres villes comme Reims (latitude ~ 50.5°), Rennes (~ 50.3°), Nantes (~ 49.5°), ou encore Strasbourg (~ 49.3°) en ont également connu des belles. 

Si l'observation d'une aurore boréale en France reste souvent un coup de chance, l'année 2026 offre les meilleures probabilités que vous aurez sur plus de dix ans pour tenter de capturer ce spectacle céleste depuis Lille, à condition bien sûr d'avoir un ciel dégagé et de s'éloigner de la pollution lumineuse.