Je suis infirmière en soins palliatifs et voici pourquoi je n'ai pas peur de la mort, ça m'a réconforté
Après des années passées auprès des personnes en fin de vie, Julie McFadden a fini par changer radicalement de regard sur l'après. Un témoignage qui apaise bien des inquiétudes.
La fin. Nous en avons tous peur, à des degrés divers. Peur de souffrir, de quitter ceux que l'on aime, peur de l'inconnu et de ce qui nous attend, peut-être, de l'autre côté. Pourtant, Julie McFadden, infirmière en soins palliatifs, l'affirme : "Moi, je n'ai pas peur de mourir". Et elle explique comment elle en est arrivée là.
Pendant plusieurs années, Julie McFadden a exercé en unité de soins intensifs, auprès de patients proches de la fin : "Nous essayions de garder les gens en vie, et pourtant certains mouraient malgré tout. Et ces morts me semblaient traumatisantes." C'est en rejoignant les soins palliatifs que son regard a changé du tout au tout. Au bout d'un an seulement, elle a compris qu'il n'y avait plus aucune raison de craindre la mort. Pourquoi ? "Parce que cette raison est en réalité purement biologique", explique-t-elle dans une vidéo.
En fait, notre corps est conçu pour traverser ce processus naturel. "Il est littéralement programmé, sur les plans biologiques, physiologiques et métaboliques, pour nous aider à mourir." Ce qui a rassuré l'infimière : "Savoir que mon corps est conçu pour m'aider à partir m'apporte un immense réconfort". En soins palliatifs, elle a constaté que les interventions médicales destinées à accompagner les patients vers la fin étaient minimes : "Nous faisions très peu de choses pour les aider". Le corps s'éteint de lui-même, en douceur, quand le moment est venu.
Julie McFadden a noté quelques signes chez ses patients en fin de vie : ils perdaient peu à peu l'appétit et la sensation de soif, et dormaient de plus en plus. En cause, notamment, une hausse de leur taux de calcium dans le sang : quand l'organisme ralentit, les reins filtrent moins bien et le calcium s'accumule, ce qui plonge la personne dans une somnolence de plus en plus profonde. Plus étonnant : "Plus la personne se déshydratait, mieux elle se sentait en général, et plus elle s'éteignait paisiblement."
Le cerveau, lui aussi, accompagne ce départ. Julie McFadden raconte que certains de ses patients, parfaitement lucides et conscients à quelques semaines de leur grand départ, lui confiaient voir des proches disparus. "Leurs parents venaient à eux pour leur dire qu'ils allaient bientôt partir, que tout se passerait bien, et qu'ils n'avaient plus à avoir peur de la mort." Ce phénomène est appelé "rêves et visions de fin de vie". Il est étudié par les soignants, notamment par des chercheurs américains qui les ont documentés dans des études auprès de patients en soins palliatifs et de leurs proches. Pour les soignants, ce phénomène est aussi un indicateur de l'état du patient en fin de vie.
Mais tout le monde n'en est pas là. Si la peur de la mort, la vôtre ou celle de vos proches, devient un fardeau au quotidien, et qu'elle nourrit une anxiété envahissante ou des symptômes dépressifs, il est important de ne pas rester seul. Consulter un professionnel de la santé mentale permet d'être écouté, accompagné et soulagé.
