La vie des hommes se dégrade après le décès de leur conjoint tandis que celle des femmes s'améliore, selon une étude

Une étude récente montre que les hommes vivent plus mal que les femmes la perte de leur partenaire de vie. La première année est la plus critique.

La vie des hommes se dégrade après le décès de leur conjoint tandis que celle des femmes s'améliore, selon une étude
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Perdre son partenaire de vie ne laisse personne indemne. C'est une épreuve émotionnellement éprouvante et extrêmement stressante. Mais derrière cette étape universelle, une réalité moins connue se dessine : les hommes semblent plus vulnérables que les femmes après un veuvage. C'est ce que met en évidence une étude publiée dans le Journal of Affective Disorders, menée auprès de près de 26 000 Japonais âgés de 65 ans et plus dont 1000 devenus veufs.

Dans les mois qui suivent le décès du conjoint, les hommes présentent davantage de symptômes dépressifs, un sentiment de désespoir plus marqué et une baisse significative de leur bien-être. Leur santé physique est également plus exposée, avec un risque accru de troubles cognitifs comme la démence, ainsi qu'une mortalité plus élevée. Le pic de vulnérabilité se situe dans la première année après le décès, puis les effets diminuent progressivement. Un paradoxe ressort des résultats : les hommes deviennent globalement plus actifs socialement après un deuil, mais leur soutien émotionnel diminue. Autrement dit, ils multiplient les interactions sans pour autant bénéficier de relations suffisamment solides pour les aider à traverser cette période.

À l'inverse, les femmes semblent, elles, mieux s'adapter au veuvage sur la durée. Il y a une baisse de leur moral à court terme mais elle est limitée dans le temps. "Les femmes veuves font état d'un bonheur et d'une satisfaction de vie accrus" notent les auteurs. L'étude ne montre pas d'augmentation des symptômes dépressifs chez elles. Mieux encore, elles déclarent souvent, avec les années, une amélioration de leur satisfaction de vie et de leur bien-être. Certaines adoptent aussi des comportements plus favorables à leur santé, comme une participation plus régulière aux dépistages, même si une tendance à la sédentarité est observée.

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Comment expliquer ces différences ? Les chercheurs avancent plusieurs pistes. Les hommes comptent davantage sur leurs conjointes pour l'organisation du quotidien et le soutien émotionnel. Ils se retrouvent alors plus isolés lorsqu'elles disparaissent. Ils semblent aussi avoir moins de contacts sociaux autonomes, c'est-à-dire sans elles. Les femmes, elles, disposent généralement de liens sociaux plus développés et solides, elles entretiennent davantage les liens familiaux et amicaux. Les normes sociales jouent aussi un rôle : beaucoup d'hommes ont appris à contenir leurs émotions, ce qui peut compliquer la demande d'aide.

En conclusion, les chercheurs résument en estimant que les hommes se montrent "plus vulnérables aux conséquences néfastes (du décès), tandis que les femmes font preuve de résilience". Ces résultats confirment ceux d'autres travaux internationaux et rappellent un point clé : le lien social reste un facteur déterminant pour mieux faire face au deuil. Être entouré, pouvoir parler et maintenir des relations régulières peut atténuer ses effets, en particulier chez les hommes, plus exposés au risque d'isolement.