Cachottier par nature : voici les 4 raisons psychologiques qui expliquent pourquoi on garde tout pour soi

Être "cachottier" traduit souvent des mécanismes psychologiques bien plus profonds qu'une simple envie de mystère. Avec l'éclairage de la psychologue Dana Castro, découvrez ce qui se joue réellement derrière ces silences.

Cachottier par nature : voici les 4 raisons psychologiques qui expliquent pourquoi on garde tout pour soi
© Reve.art/Journal des Femmes

Le mystère a parfois du charme, mais lorsqu'il devient une habitude systématique, il finit par intriguer voire agacer. Derrière ces silences se cachent souvent plusieurs raisons. Premièrement, en psychologie, être "cachottier" n'est pas un simple trait de caractère, c'est souvent un bouclier. Comme nous l'explique la psychologue Dana Castro, ce silence peut naître d'un désir de "mentir dans un but opportuniste ou parce qu'on croit qu'en cachant la vérité, on protège les autres". Dans ce cas, on garde ses informations pour soi comme un trésor précieux pour "garder le contrôle" : si les autres ne savent rien, ils ne peuvent rien utiliser contre nous. On peut aussi se taire par pure gentillesse, pour ne pas inquiéter ses proches avec une vérité difficile. On se voit alors comme un protecteur qui porte seul un poids pour épargner les autres.

Derrière ce silence se cache aussi souvent une peur de ne pas être à la hauteur. On peut se taire par "faible estime de soi". On trie alors soigneusement ce que l'on raconte pour "dissimuler ce qu'on pense être mauvais en soi et donner une meilleure image", poursuit la psychologue. C'est un peu comme porter un masque parfait : on montre le beau côté de sa vie et on cache le reste par peur d'être jugé ou rejeté. Troisièmement, ce comportement peut aussi venir de notre enfance. Si l'on a grandi dans une famille où "le linge sale se lave en famille", se confier est par nature interdit. On ne cache pas des choses par méchanceté, mais par réflexe, pour rester fidèle aux règles de sa "tribu".

Certaines personnes ont vraiment du mal à se livrer. © tativo - 123RF

Quatrièmement, on peut garder les choses pour soi simplement parce qu'on a perdu l'habitude de discuter. Dana Castro nous explique que l'on peut ne "pas avoir besoin de se confier car on s'implique dans d'autres activités : sport, séries TV...". À force de passer son temps sur un écran ou dans ses loisirs, le dialogue avec les autres devient moins naturel. On ne cherche pas à exclure l'autre, on oublie juste de lui raconter sa journée parce qu'on est trop absorbé par ses propres occupations. Le silence s'installe alors par simple habitude.

La psychologie rappelle finalement que tout n'a pas besoin d'être partagé pour s'aimer. Dana Castro insiste sur "l'importance du jardin secret", ce petit territoire où l'on se dit : "ces choses n'appartiennent qu'à moi". Ce jardin est vital pour se sentir libre et exister par soi-même. Il permet de garder une part d'intimité que personne ne peut contrôler. C'est ce qui nous aide à être une personne à part entière, sans dépendre uniquement du regard des autres.