Les personnes qui disent des gros mots cachent cet atout intellectuel, selon la psychologie

Connaître beaucoup d'injures ne signifie pas que les personnes les utilisent n'importe comment, démontrent des psychologues.

Les personnes qui disent des gros mots cachent cet atout intellectuel, selon la psychologie
© gregorylee - 123RF

De nombreuses personnes ne peuvent s'empêcher de ponctuer leurs phrases par des injures et des grossièretés. Dans l'imaginaire collectif, elles sont perçues comme ayant peu d'éducation, un bagage culturel limité, obligées de combler un vide lexical par la vulgarité. Ce qui est souvent perçu comme "une pauvreté du langage" a servi de base à de nombreux jugements sociaux. Pourtant, contrairement aux idées reçues, avoir un vocabulaire fleuri révèlerait des capacités intellectuelles surprenantes selon la psychologie.

Pour le vérifier, des psychologues et des chercheurs en neurosciences ont testé la capacité de volontaires à citer le plus de gros mots possibles en 1 minute, puis le plus de noms d'animaux. À la surprise des scientifiques, les participants qui connaissaient le plus de grossièretés étaient ceux qui ont le plus cité de noms d'animaux. Selon les chercheurs, ils auraient un cerveau plus "fluide" et plus "vif" qui accède plus rapidement à sa base de données lexicale. Autrement dit, si leur cerveau a un accès rapide aux insultes, c'est qu'il a un accès rapide à l'ensemble de son dictionnaire interne. 

Cette agilité s'explique par une organisation cérébrale particulière. Le langage poli est géré par le néocortex (cerveau rationnel), tandis que les jurons jaillissent du système limbique (cerveau émotionnel). Cela prouve que jurer n'est pas une "erreur de langage", mais une décharge d'énergie. C'est ce qui explique pourquoi on peut jurer sous le coup de la douleur sans même y réfléchir. Les personnes qui jurent "jonglent" mieux entre leur cerveau rationnel et leur cerveau émotionnel. "Jurer n'est donc pas un manque d'éducation, c'est un mécanisme de survie directement lié aux émotions", assure Timothy Jay, auteur principal de l'étude parue dans la revue "Language Sciences".

Les différentes zones du cerveau © Journal des Femmes Santé

L'étude des psychologues montre un autre atout intellectuel : connaître beaucoup de gros mots ne signifie pas que les personnes les utilisent n'importe comment. Au contraire, les chercheurs ont découvert que ceux qui ont un répertoire étendu de jurons comprennent mieux les nuances sociales. D'une part, ils savent faire la différence entre une insulte légère et un mot extrêmement tabou. D'autre part, ils adaptent leur langage en fonction du contexte (on ne jure pas de la même façon avec ses amis qu'au travail).

En fin de compte, dire des gros mots révèle une forme d'intelligence émotionnelle. En choisissant de ne pas filtrer leur langage par souci de conformisme, ces personnes font preuve d'une plus grande authenticité. Savoir jurer au bon moment n'est donc pas la preuve d'une carence, mais celle d'un cerveau vif, capable de naviguer entre les nuances de la langue et les besoins de décharge émotionnelle. La prochaine fois que vous entendrez un juron bien placé, voyez-y peut-être le signe d'un esprit particulièrement agile.