C'est l'âge où le TDAH se révèle : 3 signes attirent immédiatement l'attention des médecins

Le TDAH concerne le plus souvent des garçons : environ 3 à 4 garçons pour une fille, mais ces écarts se réduisent chez les adultes. Explications avec la Pre Diane Purper, psychiatre et spécialiste en médecine psychologique de l'enfant et de l'adolescent au CHU de Montpellier.

C'est l'âge où le TDAH se révèle : 3 signes attirent immédiatement l'attention des médecins
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Le trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité, plus connu sous le nom de TDAH, concerne 5 % des enfants en âge scolaire et 3 % des adultes, soit près de 2 millions de personnes en France selon le ministère de la Santé. Le trouble est généralement repéré à l'école, car les symptômes interfèrent avec l'apprentissage scolaire ou la vie en collectivité.

Quand commence un TDAH ? "Les premiers symptômes apparaissent généralement vers l'âge de 5 ou 6 ans" nous répond la Pre Diane Purper, psychiatre et spécialiste en médecine psychologique de l'enfant et de l'adolescent au CHU de Montpellier. "Les critères diagnostiques nécessitent ensuite que les symptômes gênants soient survenus avant l'âge de 12 ans" poursuit notre interlocutrice. C'est donc dans la tranche d'âge 5-12 ans que le TDAH est manifeste. Le diagnostic est posé en moyenne à 9-10 ans, selon l'Assurance Maladie. Les filles sont souvent diagnostiqués plus tard que les garçons "car leurs symptômes sont moins envahissants et peuvent passer inaperçus".

"Les symptômes d'un TDAH sont présents dans le temps, durables et persistants. Ce ne sont pas des comportements ponctuels ou isolés. Au contraire, ils ont lieu dans plusieurs environnements de la vie : à la maison, à l'école, lors des activités extra-scolaires, etc." détaille la Pre Purper. Trois signes alertent les médecins : une impulsivité, une hyperactivité et une inattention. "L'impulsivité se manifeste différemment en fonction de l'âge. Les jeunes enfants présenteront d'abord une instabilité motrice au premier plan, puis de l'impulsivité dans leurs relations, avec des interactions brusques, des difficultés à patienter, à attendre leur tour pour parler ou à lever la main à l'école. Les enfants d'âge scolaire ont tendance à couper la parole ou à être envahissants dans le groupe" détaille la Pre Purper. Chez l'adolescent ou le jeune adulte "l'impulsivité se manifeste le plus souvent au niveau relationnel, avec des difficultés dans les relations, des réactions trop vives et trop rapides. Ces comportements impactent les trajectoires professionnelles et sentimentales."

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Le trouble de l'attention se manifeste par des difficultés d'organisation, l'enfant oublie les consignes, ne termine par ce qu'il a commencé, ne parvient pas à automatiser les routines comme l'habillage ou le brossage de dents. Il a aussi des difficultés à ranger sa chambre, à mettre de l'ordre dans son environnement et à séquencer les activités. L'hyperactivité engendre un besoin constant de bouger. "Le jeune adulte ou l'adolescent avec un TDAH s'ennuie, se désengage des conservations ou perd le fil d'un échange verbal."

Un examen médical approfondi est indispensable pour poser le diagnostic du TDAH. "Les signes se répètent surtout lors des moments en collectivité, lors desquels l'enfant est très stimulé. Le comportement impulsif et d'inattention est plutôt bien repéré par les enseignants. Ces derniers alertent la famille et selon l'âge de l'enfant, une consultation en PMI, chez le médecin traitant ou chez le pédiatre est recommandée. L'enfant est ensuite orienté vers des professionnels comme des psychiatres."

La prise en charge repose sur l'aménagement de l'environnement de l'enfant et éventuellement des traitements au besoin. La prise en charge est individuelle, au cas par cas. Un programme parental à base de thérapies cognitivo-comportementales (TCC) est proposé pour évoluer dans un cadre bienveillant. La psychoéducation fait aussi partie du traitement. Des médicaments sont utiles pour améliorer les symptômes, notamment pour éviter les risques et les complications comme l'anxiété, les conduites à risque ou d'autres troubles. Ils permettent une amélioration significative des symptômes chez 80% des personnes concernées par le TDAH. 

Entretien avec la Professeur Diane Purper, psychiatre pour enfants et adolescents et chef de service au CHU de Montpellier et rattachée au Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations (INSERM U 1018) à Villejuif.