4000 personnes vont découvrir qu'elles ont un cancer colorectal dans cette région : le test à faire
L'Agence régionale de santé appelle à renforcer le dépistage du cancer colorectal, surtout dans cette région particulièrement touchée.
Le cancer colorectal, qui touche le côlon ou le rectum, évolue souvent sans symptôme au début. C'est le troisième cancer le plus fréquent en France chez l'homme et le deuxième chez la femme. Une région est particulièrement exposée avec près de 4000 nouveaux diagnostics chaque année, sur 47 000 au total. Sans dépistage, ce cancer peut être découvert tardivement, quand les traitements sont plus lourds et le pronostic moins bon. Lorsqu'il est identifié tôt, en revanche, les chances de survie à cinq ans dépassent 90 %.
Dans cette région "les indicateurs appellent à une vigilance accrue" prévient l'Agence régionale de santé (ARS) dans un communiqué du 3 mars 2026. Elle compte environ 1 650 décès annuels "soit la mortalité la plus élevée de France métropolitaine" ; une surincidence régionale de +9 % chez les hommes et +4 % chez les femmes par rapport à la moyenne nationale et un taux de tests positifs de 3,7 %, supérieur à la moyenne nationale, avec une prédominance masculine. Pourtant le taux de participation au dépistage y est encore insuffisant : 25,5 % en 2023-2024, contre 29,6 % au niveau national.
Le dépistage est simple et gratuit pour les femmes et les hommes âgés de 50 à 74 ans, sans symptôme ni facteur de risque particulier. Selon le communiqué envoyé par l'ARS, les habitants des Hauts-de-France qui rentrent dans cette tranche d'âge ou ont des antécédents familiaux devraient le faire sans attendre. C'est la région particulièrement à risque du cancer colorectal. "Plus de 3 800 nouveaux cas y sont diagnostiqués chaque année" informe l'ARS qui dénonce "l'urgence d'amplifier la participation au dépistage organisé".
Celui-ci se fait à la maison, via un kit de prélèvement envoyé à domicile ou à récupérer en pharmacie. Son but est de rechercher la présence de sang dans les selles, invisible à l'œil nu, qui peut révéler une lésion ou un cancer débutant. Le test est entièrement pris en charge, sans avance de frais. Les résultats sont transmis à la personne ainsi qu'à son médecin traitant afin d'organiser la suite si nécessaire. Si le résultat est positif, cela ne signifie pas automatiquement qu'un cancer est présent, mais des examens complémentaires, notamment une coloscopie, sont indispensables pour en déterminer la cause.
Pour améliorer le recours au dépistage, l'ARS et le Centre régional de coordination des dépistages des cancers renforcent les actions de proximité afin d'accompagner les habitants vers la réalisation du test. Le message est clair : entre 50 et 74 ans, effectuer ce test gratuit tous les deux ans permet d'augmenter fortement les chances de détecter la maladie à un stade où elle se soigne très bien.