8 millions de Français ont un foie gras : voici le symptôme numéro 1 pour savoir si c'est votre cas

La stéatose hépatique non alcoolique ou "foie gras" peut avoir plusieurs causes mais toutes sont exacerbées par la consommation d'aliments ultratransformés. Notre médecin hépatologue nous indique quel est le signe qui doit pousser à consulter.

8 millions de Français ont un foie gras : voici le symptôme numéro 1 pour savoir si c'est votre cas
© Yura Yarema - stock.adobe.com

La maladie du "foie gras" ne cesse de gagner du terrain. Elle concerne aujourd'hui 8 millions d'adultes, soit un Français sur 5. Ce mal silencieux ne se résume pourtant pas à une simple accumulation de graisse : chez de nombreux patients, il déclenche une réaction inflammatoire agressive appelée MASH (le nouveau nom de la NASH). Le foie commence à souffrir et à se cicatriser, développant une fibrose. Ce processus transforme l'organe sain en un tissu rigide, ce qui augmente considérablement le risque de voir la maladie basculer vers une cirrhose ou un cancer du foie si elle n'est pas détectée à temps.

Les causes d'un foie trop gras sont principalement liées au mode de vie moderne, où l'apport en énergie dépasse ce que le corps est capable de dépenser. Contrairement aux idées reçues, le premier coupable n'est pas le gras, mais l'excès de sucres (notamment le fructose industriel présent dans les sodas et les plats transformés) que le foie convertit directement en graisse. "La surconsommation de malbouffe, de fast-food, de produits industriels, de déjeuners sur-le-pouce… fait qu'on absorbe plus, voire trop, de sucres qui peuvent s'accumuler dans le foie", nous explique le Pr Patrick Marcellin, hépatologue. À cela s'ajoute la sédentarité, qui empêche de brûler ces stocks, ainsi que le diabète de type 2, le cholestérol ou l'hypertension. C'est ce surplus de "carburant" stocké au niveau de l'abdomen qui finit par engorger le foie et provoquer son inflammation.

Comment savoir qu'on a un foie trop gras ? Si la fatigue soit souvent mentionnée, elle reste un signe trop vague. Le véritable symptôme numéro 1, celui qui permet de tirer la sonnette d'alarme avant même les examens médicaux, est l'augmentation du tour de taille. Ce n'est pas qu'un problème d'esthétique : cette graisse "viscérale" est une usine à toxines qui sature directement le foie. "On cherche souvent midi à quatorze heures avec des examens coûteux, alors que le mètre ruban est parfois plus utile que l'échographie : si votre ventre dépasse vos côtes, votre foie est probablement en train d'étouffer", illustre l'hépatologue. Concrètement, si votre tour de taille dépasse 80 cm pour une femme ou 94 cm pour un homme, le risque de foie gras est statistiquement très élevé, même si vous ne vous sentez pas particulièrement fatigué. "En revanche, un foie gras ne fait pas mal car le foie est un organe "muet" qui possède très peu de récepteurs de la douleur à l'intérieur de son tissu", poursuit l'expert. On peut donc accumuler de la graisse, de l'inflammation et même développer des cicatrices (fibrose) sans ressentir la moindre gêne pendant des années.

Mesurer son tour de taille permet de repérer un excès de graisse abdominale, facteur de risque d'un foie gras. © armmypicca - 123RF

En cas de surpoids abdominal, votre médecin peut demander un test sanguin spécifique. Il ne s'agit pas seulement de vérifier les transaminases (les enzymes du foie), mais d'utiliser des scores (comme le FIB-4 ou le FibroTest). Ces tests croisent l'âge et les résultats sanguins pour évaluer précisément le taux de graisse dans le foie ainsi que la présence ou non d'une inflammation ou d'une fibrose (cicatrices). Dans certains cas, le médecin peut prescrire une échographie abdominale ou un Fibroscan (un appareil qui mesure l'élasticité du foie, un peu comme une échographie) pour confirmer la rigidité de l'organe sans avoir besoin de faire une biopsie.

La bonne nouvelle est que la maladie du foie gras est réversible dans la grande majorité des cas, à condition d'intervenir avant que les lésions ne soient trop définitives. En modifiant son hygiène de vie (perte de poids, réduction du sucre, activité physique), la graisse accumulée dans le foie peut disparaître en quelques mois. On estime que perdre 7 à 10 % de son poids corporel suffit à faire disparaître l'inflammation et à réduire la fibrose.