Grippe : le risque d'AVC est multiplié par 5 dans le mois qui suit l'infection, l'erreur à éviter
Avec ces nouvelles données, la grippe n'est plus une simple maladie respiratoire, c'est une véritable urgence vasculaire qui se joue dans l'ombre des symptômes grippaux. Les médecins appellent à la prudence.
Entre 2 et 6 millions de Français contractent la grippe chaque hiver. Contrairement au rhume qui s'installe progressivement, la grippe vous "tombe dessus" en quelques heures. On passe d'un état normal à une incapacité totale de sortir du lit, terrassé par une fièvre brûlante et des courbatures intenses. Mais pendant que vous luttez contre la fatigue, un danger bien plus silencieux se propage dans votre système sanguin.
Ce n'est pas seulement vos poumons que le virus de la grippe agresse : c'est l'ensemble de votre réseau vasculaire. Cette attaque brutale déclenche une inflammation systémique massive, une sorte de "tempête" biologique qui ne se limite pas à faire monter votre température. "L'inflammation joue un rôle clé dans le développement et la progression des maladies cardiovasculaires. Elle contribue à la formation et à la rupture des plaques d'athérome dans les artères, ce qui peut entraîner des infarctus et des accidents vasculaires cérébraux (AVC). L'élévation de certains marqueurs inflammatoires est associée à un pronostic plus défavorable et à un risque accru d'événements futurs", précisent des chercheurs américains dans une nouvelle enquête (compilant 155 études) publiée dans le Journal of the American Heart Association.
L'étude le confirme : les personnes ayant contracté une grippe ont 5 fois plus de risques de faire un AVC "dans les semaines qui suivent l'épisode de grippe". Les chercheurs estiment que cette fenêtre de vulnérabilité s'étend précisément sur les 28 jours suivant l'infection (4 semaines). Autrement dit, même si vous vous sentez guéri, votre cœur et votre cerveau restent en sursis encore ce laps de temps.
Pendant ce mois de haute surveillance, la prudence est de mise : les médecins recommandent d'éviter les efforts physiques intenses ou les stress thermiques (comme le sauna ou les expositions au froid vif), qui pourraient solliciter un système cardiovasculaire encore inflammé. Il est également crucial de rester attentif à des signes qui n'ont plus rien à voir avec les poumons, comme une faiblesse soudaine, des troubles de l'élocution ou des maux de tête inhabituels.
Avec ces nouvelles données, la grippe n'est plus une simple maladie respiratoire, c'est une véritable urgence vasculaire qui se joue dans l'ombre des symptômes grippaux. La vaccination antigrippale apparaît comme cruciale pour réduire le risque d'AVC. Les études sont catégoriques : la vaccination grippale réduit le risque d'événements cardiovasculaires majeurs de 34 %. Chez les patients ayant déjà eu un infarctus, cette protection monte même à 45 %. Se vacciner contre la grippe revient à porter sa ceinture de sécurité. Elle n'empêche pas l'accident (l'exposition au virus), mais elle empêche que le choc soit mortel pour vos organes vitaux.
