À quoi ressemble une crise cardiaque ?

Le cardiologue nous explique ce que l'on ressent précisément en cas de crise cardiaque. Il faut appeler le 15.

À quoi ressemble une crise cardiaque ?
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On parle de "crise cardiaque" mais en médecine "le terme exact est infarctus du myocarde" rétablit d'emblée le Dr Clément Dezou, cardiologue à la Polyclinique de Bordeaux Nord. "L'infarctus du myocarde prive le muscle cardiaque d'oxygène, ce qui peut entraîner des dommages ou la mort du tissu cardiaque si le blocage n'est pas rapidement traité." La cause principale c'est la plaque d'athérome. "Elle se forme petit à petit dans la paroi artérielle, notamment à cause du cholestérol. Et lorsque cette plaque d'athérome se rompt, elle provoque une cascade d'inflammation de plaquettes, entraînant l'occlusion de l'artère coronaire et empêchant les cellules cardiaques d'être fournies un oxygène", poursuit le médecin. "Les cellules meurent, on parle de nécrose myocardique, il y aura toujours des séquelles au niveau cardiaque." 

En cas d'infarctus du myocarde, "le signe principal est la douleur thoracique qui est en barre, persiste pendant 15-20 minutes, ne cède pas, notamment avec l'utilisation de vasodilatateurs en spray et peut irradier dans la mâchoire et dans les bras, détaille le cardiologue. C'est précisément ce que ressentent les patients." Dans certains cas, il peut y avoir une symptomatologie atypique. "Elle touche le plus souvent les personnes âgées et les femmes. Ça peut être des douleurs au niveau de l'estomac, ça peut être que des douleurs dans la mâchoire, que des douleurs au niveau du bras droit ou bras gauche, ça peut être aussi une fatigue ou des nausées."

Les personnes âgées, qui ont souvent des troubles cognitifs, peuvent avoir, en cas d'infarctus, des signes de confusion, c'est-à-dire qu'ils sont perdus dans le temps et dans l'espace. "Enfin, il existe certains cas où l'infarctus du myocarde peut passer inaperçu, c'est-à-dire que les patients n'ont pas de symptômes et on découvre après en faisant un électrocardiogramme où le diagnostic est déjà constitué." "Si on voit une personne avec une douleur thoracique en barre qui persiste plus de 20 minutes, qui est intense avec potentiellement des irradiations, on appelle le 15 !", insiste le médecin. "Après, avec les nouvelles technologies d'intelligence artificielle, les portables connectés, il est possible de réaliser soi-même un électrocardiogramme qui va être analysé et permettre un diagnostic immédiat sans attendre le SAMU."

Les conséquences de l'infarctus varient selon les personnes, "elles peuvent comprendre de l'anxiété, de la dépression, de la vulnérabilité, voire du déni quelquefois" expose le cardiologue. Le fait d'avoir des performances physiques diminuées peut entraîner un retentissement psychologique. "Chez les hommes, par exemple, la mise en place des traitements peut avoir des conséquences sur la vie sexuelle, avec des troubles de l'érection, entraînant des symptômes psychologiques là encore variable suivant les patients." On peut retrouver aussi des atteintes somatiques, c'est-à-dire qu'à la moindre petite douleur thoracique, le patient peut avoir une grosse inquiétude alors que cette douleur n'est pas alarmante.