Médicaments, vaccins... Un quart des Français confrontés à une pénurie

Un Français sur 4 aurait déjà été concerné par une pénurie de médicaments, selon une enquête de France Assos Santé. Un résultat inquiétant, qui met en lumière les difficultés d'accès à certains vaccins et traitements pour des millions de patients.

Médicaments, vaccins... Un quart des Français confrontés à une pénurie
© Cathy Yeulet - 123RF

Stocks insuffisants, tensions d'approvisionnement... Un Français sur quatre se serait déjà vu refuser la délivrance d'un médicament ou d'un vaccin pour cause de pénurie. C'est en tout cas ce qu'a révélé une étude de France Assos Santé dévoilée le jeudi 17 janvier 2019. Ce chiffre grimperait même à 31 % pour les personnes atteintes par une affection longue durée, précise l'union nationale des associations agréées d'usagers du système de santé dans son communiqué. Conséquence : près de la moitié des personnes confrontées à cette pénurie de médicaments (45 %) ont été obligées de reporter leur traitement, de le modifier, voire d'y renoncer ou de le stopper complètement. Ces modifications de traitements ou ces arrêts brutaux ont ainsi entraîné une augmentation des symptômes, des erreurs dans la prise des médicaments de substitution, mais aussi des hospitalisations.

Quels traitements sont concernés ? Dans 36 % des cas des ruptures d'approvisionnement, il s'agit de vaccins, ce qui a occasionné des retards dans le calendrier vaccinal des tout-petits. En outre, "au-delà du risque évident pour la santé individuelle des personnes, ces pénuries de vaccins constituent une menace potentielle pour la santé publique", déplore Alain Michel Ceretti, président de France Assos Santé. Mais ce n'est pas tout : des traitements anticancéreux (ImmuCyst), antiépileptiques, contre l'hypertension artérielle (Valsartan), ou des traitements pour enfants (Célestène) ont également été concernés.

Alors, comment peut-on expliquer cette pénurie de traitements et de vaccins ? Pour 56 % des personnes interrogées, la faute reviendrait aux industriels du médicament, "qui privilégieraient la production de certains médicaments ou vaccins au détriment d'autres". 13 % estiment par ailleurs que les pouvoirs publics et les grossistes répartiteurs auraient également une part de responsabilité. Selon France Assos Santé, les sondés n'auraient pas totalement tort : "les industriels sont en effet très largement responsables de ces pénuries, principalement dues à des stratégies financières contestables, à un désengagement de certains médicaments et à une concentration des sites de productions". D'autant plus que plusieurs mesures - comme la mise en place de stocks de sécurité, de sites back-up ou la recherche de fournisseurs alternatifs - ont été annoncées depuis longtemps et qu'aucune n'a été réellement mise en oeuvre. 

Vers une meilleure information ? France Assos Santé réclame la mise en place d'une régulation plus efficace de la part des autorités sanitaires nationales et européennes. La fédération demande également aux pouvoirs publics ainsi qu'aux autorités sanitaires nationales et européennes, "une information claire et transparente sur les causes de ces ruptures, les plans de gestion des pénuries mis en place, ainsi que sur les sanctions imposées en cas de manquement aux obligations de notification et de mise en œuvre de ces plans". 

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