Ebola complique la prise en charge du paludisme au Libéria

Le manque de moyens logistiques et de soignants pour faire face à l'épidémie Ebola impacte la prise en charge des soins médicaux quotidiens, et notamment du paludisme.

Ebola complique la prise en charge du paludisme au Libéria
© Peter Hermes Furian - Fotolia.com

Effondrement du système de santé au Libéria. Avec l'épidémie d'Ebola qui sévit actuellement au Libéria, il est devenu "très difficile" voire "impossible" de se faire soigner du paludisme, alerte l'association humanitaire MSF dans un communiqué, ce jeudi. Pour y faire face, MSF a lancé à Monrovia (la capitale du Libéria) une distribution de traitements contre le paludisme. "Environ 300 000 personnes vivant dans des quartiers défavorisés de la capitale doivent en être les bénéficiaires", précise l'association. C'est là, en effet, que la densité de la population est la plus forte et où l'accès aux soins, déjà très restreints avant l'épidémie d'Ebola, n'est pratiquement plus assuré.

"Les premiers symptômes du paludisme sont les mêmes que ceux d'Ebola : fièvre, céphalées, fatigue intense, indique le Dr Chibuzo Okonta, responsable adjoint des programmes d'urgences à MSF. Nous avons décidé de donner aux enfants comme aux adultes ce traitement antipaludéen qui est à la fois curatif et préventif. Car l'objectif est aussi d'éliminer le risque que des patients fiévreux considérés comme des cas suspects Ebola se retrouvent dans des centres de traitement Ebola en contact avec des personnes contaminées.

L'association MSF forme elle-même des volontaires habitant dans le quartier afin de leur expliquer les modalités de l'opération. Un ticket est remis à chaque famille, qui vient ensuite retirer son sachet de traitements sur le site de distribution. Dans le contexte de la crise Ebola, la vigilance est de rigueur. "Pour protéger la population comme le personnel contre les risques de contamination, la distribution a lieu tôt le matin, quand les rues sont encore désertes, et elle est organisée de manière à éviter tout contact physique en maintenant une distance entre tous les participants", précise le communiqué. Ensuite, après chaque distribution, les volontaires formés par MSF s'assurent que le message a bien été entendu. Ils font du porte à porte pour vérifier si tous les membres de la famille ont bien pris les médicaments, même s'ils ne sont pas malades puisque le traitement est curatif et préventif. 

Le Libéria est le pays d'Afrique de l'Ouest le plus touché par l'épidémie Ebola. Elle serait pourtant en train de perdre du terrain, les équipes de la Croix-Rouge libérienne ayant constaté une importante baisse du nombre de morts à Monrovia depuis le début du mois. De son côté, l'OMS soulignait la semaine dernière que "le nombre de cas continuait à être sous-évalués, en particulier dans la capitale du Liberia, Monrovia", où elle les estimait autour d'au moins 300 cas hebdomadaires. Même prudence du côté de MSF. "Nous n'avons pas une vue d'ensemble de l'étendue de l'épidémie, et les estimations pourraient ne pas être fiables", a souligné le chef de la mission de MSF au Liberia, Fasil Tezera, dans un message transmis à l'AFP. Avant d'évoquer comme pistes possibles la réticence à la crémation obligatoire des corps ou les carences du système d'ambulances ou de prise en charge.

Le Libéria compte à lui seul pratiquement la moitié des 10 000 cas recensés selon l'OMS.

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