L'infarctus touche 100 000 Français chaque année. Une personne sur dix en décède dans l'heure. On a toujours dit qu'il provoquait une douleur dans la poitrine : c'est faux. On pensait qu'il était forcément causé par une artère bouchée : c'est aussi faux. Ces deux informations capitales ont été rappelées lors de la présentation de la nouvelle définition officielle de l'infarctus du myocarde au congrès de la Société européenne de cardiologie (ESC) en août 2026, à Munich (Allemagne). La précédente définition datait de 2018.
"L'infarctus du myocarde est défini anatomopathologiquement comme la mort des cellules myocardiques consécutive à une ischémie prolongée, elle-même causée par un flux sanguin coronaire insuffisant ou absent et une lésion de reperfusion" explique l'ESC. Cette cinquième définition abandonne la numérotation historique de l'infarctus (type 1 à 5) au profit d'une classification en trois grandes catégories, selon la cause et/ou les circonstances dans lesquelles il survient. La première est l'infarctus primaire, le plus connu, généralement causé par un caillot qui bouche une artère du cœur. La deuxième est l'infarctus secondaire, provoqué par un manque d'oxygène lié à un autre problème de santé (anémie sévère, chute de tension, rythme cardiaque trop rapide). La troisième regroupe les infarctus liés à une intervention sur le cœur, comme la pose d'un stent ou un pontage coronarien.
Les cardiologues précisent aussi les symptômes de l'infarctus. Au terme de "douleur" thoracique qui est "le symptôme initial le plus fréquemment rapporté", ils estiment que celui de "gêne" est plus approprié, car les patients décrivent souvent une pression, une oppression ou un serrement dans la poitrine. De plus, ils insistent sur le fait que les symptômes de l'infarctus ne se limitent pas à la poitrine. Un infarctus peut se manifester par des douleurs au creux de l'estomac irradiant vers la mâchoire, le cou, le bras ou le dos. Chez les femmes, elle est plus fréquente entre les omoplates que chez les hommes. "D'autres patients ne rapportent aucune douleur thoracique et ne présentent qu'une dyspnée (essoufflement), des palpitations, des nausées ou des vomissements" ajoutent les experts. L'essoufflement est ainsi un signe à ne pas négliger, même sans douleur dans la poitrine. De même que les nausées. Ces infarctus sans douleur ni gêne thoracique "sont plus fréquents chez les personnes âgées et chez les personnes diabétiques".
Pour confirmer le diagnostic de l'infarctus, les médecins ne se reposeront plus uniquement sur une prise de sang. Une simple hausse de troponine (la protéine qui alerte sur une souffrance du cœur) ne suffira plus pour conclure automatiquement à un infarctus. L'imagerie médicale moderne (échographie, IRM cardiaque ou scanner des artères coronaires) devient incontournable pour vérifier visuellement les zones touchées, confirmer l'infarctus ou, au contraire, l'écarter pour orienter vers le bon traitement.