La confiance en soi n'est pas innée. Elle grandit, comme nous, avec le temps. Certaines personnes en ont davantage mais la bonne nouvelle, c'est qu'on peut la renforcer à tout âge. Comment ? Pas forcément avec les techniques que l'on peut lire ici ou là. Certaines sont au mieux inefficaces, au pire, contre-productives. Anne-France de Boissière, Master Coach certifiée (MCC), médiatrice et formatrice en entreprise depuis 25 ans, nous révèle ce qu'il faut se dire et accepter d'entendre pour prendre confiance en soi.

Première chose à savoir : "Se répéter "Je suis capable, Je suis formidable" ne fonctionne pas toujours et peut même produire l'effet inverse chez une personne qui doute" prévient l'autrice du livre "Ces paroles qui font le bien-5 voies pour changer nos relations" (Éditions Artège). Pourquoi ? "Parce que le cerveau de la personne perçoit un décalage entre ce qui est dit et ce qui est réel. Il y a un côté artificiel et factice dans cette phrase. À un moment donné, elle va remettre en cause cette phrase parce qu'elle sait qu'elle n'est pas "formidable". Se répéter cette phrase alors qu'émotionnellement, elle ne la ressent pas peut aggraver son manque de confiance." Le piège est d'autant plus grand que "plus on met de l'insistance, plus on crée de la résistance", explique Anne-France de Boissière. Autrement dit, plus une personne se répète "Je suis formidable" ou "Je suis capable" sans y croire, moins ces paroles sont bénéfiques pour elle. Alors, que faut-il se dire ?

"Une parole qui fait du bien à soi-même doit être vraie, crédible et bienveillante" résume la coach. On peut continuer à se dire "Je suis formidable" ou "Je suis capable" à condition de l'argumenter : "J'ai réussi à mener cette réunion difficile, donc je suis capable de le refaire." Tenir un journal des réussites, qui consiste à écrire chaque jour ce qu'on a fait de bien, peut aussi aider. "Un bon signe de reconnaissance est toujours argumenté" rappelle la spécialiste. Quant à la bienveillance, c'est se dire par exemple : "J'aurais pu faire mieux mais ça ne remet pas en cause qui je suis". Autre élément important pour gagner confiance en soi : reconnaître les difficultés que l'on a surmontées. "Il est plus puissant de se rappeler une difficulté surmontée que de se répéter qu'on est capable" constate la coach. L'idée est de faire un bilan et de se demander : "Qu'est-ce que j'ai réussi à faire alors que je ne m'en sentais pas capable ?". Ainsi, "vous rebondissez car vous voyez que vous avez surmonté un grand échec, comme une rupture ou un licenciement, et l'échec vous fait moins peur".

Enfin, la confiance en soi ne se construit pas seulement des paroles que l'on se dit. Elle vient aussi de ce que nous disent les autres. "On doit prendre les paroles de reconnaissance reçues des autres et apprendre à se les adresser à soi" détaille notre interlocutrice qui "déteste l'expression "avoir les chevilles qui gonflent" parce que cette expression apprend à refuser les compliments". Selon elle, "il faut prendre un compliment comme un cadeau même si c'est quelque chose auquel on ne croit pas car il traduit l'image positive que l'on donne de soi". A l'inverse, "il faut refuser les signes de reconnaissance négatifs comme "Tu es nul". Ce n'est jamais vrai. Personne n'est nul. On peut accueillir une critique sur ce qu'on a fait mais on refuse un jugement sur ce qu'on est". La confiance en soi n'est donc pas la conviction de réussir. "C'est la conviction que, même si on ne réussit pas, on peut toujours faire face. C'est normal de douter mais c'est la capacité à avancer malgré ça, qui forge la confiance en soi" conclut la coach.