Manger équilibré, bouger plusieurs fois par semaine et dormir suffisamment : pour beaucoup, ces bonnes habitudes sont la meilleure assurance contre les problèmes de santé. On se rassure en remplissant son assiette de légumes et en multipliant les séances de sport. Pourtant, même avec une hygiène de vie irréprochable, nos artères peuvent être en mauvais état sans que l'on s'en doute. Dans une tribune publiée par La Nación, le neurologue Conrado Estol, spécialiste de la prévention vasculaire et de la longévité, met en garde contre ce faux sentiment de sécurité et rappelle le réflexe essentiel pour protéger son cœur et son cerveau.

Pourquoi bien manger et bouger ne suffisent pas ? Parce que deux dangers peuvent progresser en silence : l'hypertension artérielle et l'accumulation de plaques de cholestérol dans les artères. "Votre alimentation peut être parfaite, vous pouvez passer une heure par jour à la salle de sport et pourtant avoir des plaques de cholestérol dans les artères", prévient Conrado Estol. Ces anomalies augmentent notamment le risque d'infarctus et d'AVC, même chez des personnes qui se sentent en pleine forme. Car l'absence de symptômes ne signifie pas que tout va bien. Une artère peut s'abîmer pendant des années sans provoquer la moindre douleur. Comme une fuite d'eau cachée derrière un mur, les dégâts s'accumulent jusqu'au jour où le problème éclate.

Pour Conrado Estol, le conseil est simple : ne pas supposer que ses artères vont bien, mais le vérifier. Premier réflexe : mesurer régulièrement sa tension artérielle avec un appareil fiable, chez le médecin ou à domicile. Selon la Fédération française de cardiologie, une tension égale ou supérieure à 14/9 au cabinet médical, ou à 13,5/8,5 en moyenne à domicile, peut révéler une hypertension artérielle. Des mesures répétées permettent de confirmer le diagnostic.

Deuxième réflexe : demander à son médecin traitant un bilan lipidique, une simple prise de sang qui permet notamment de mesurer le mauvais cholestérol (LDL), celui qui favorise la formation de plaques dans les artères. Le taux de mauvais cholestérol (LDL) doit généralement rester sous 1,30 g/L chez les personnes à faible risque cardiovasculaire. En fonction des résultats, de l'âge et des antécédents familiaux, le médecin pourra proposer des examens complémentaires, comme le dosage de l'apolipoprotéine B ou une imagerie des artères, si cela se justifie. L'objectif est de repérer les risques avant qu'ils ne provoquent des dégâts.

Le message du neurologue est particulièrement important à partir de la quarantaine, lorsque certains risques cardiovasculaires peuvent déjà être présents sans aucun signe visible. Attendre de ressentir quelque chose pour consulter peut donc être une erreur. Contrôler sa tension, connaître son taux de cholestérol et discuter de son risque avec un médecin permettent d'agir plus tôt. Car prendre soin de soi ne consiste pas seulement à bien manger et à bouger : c'est aussi vérifier ce qui se passe à l'intérieur de ses artères, même quand tout semble aller bien.