Dessert phare des rayons frais, la faisselle traverse les générations sans prendre une ride. Avec sa texture fondante et son goût légèrement acidulé, ce produit laitier traditionnel rappelle les desserts de notre enfance et les repas chez nos grands-parents. Mais derrière son image un peu désuète, elle possède des qualités nutritionnelles intéressantes après 60 ans. Source de calcium et de protéines, elle participe au maintien de la solidité des os et de la masse musculaire, deux enjeux majeurs avec l'avancée en âge. À condition de bien la choisir, nous précise d'emblée Audrey Vergès, naturopathe interrogée sur ce sujet.
Avec les années, les os deviennent plus fragiles, notamment chez les femmes après la ménopause. Pour préserver leur solidité, le calcium joue un rôle essentiel. À 60 ans, l'Anses recommande un apport quotidien de 950 mg de calcium, un besoin qui peut grimper jusqu'à 1 200 mg chez les femmes ménopausées présentant un risque accru d'ostéoporose. Avec environ 100 mg de calcium par portion, la faisselle apporte donc un petit coup de pouce, sans pour autant parvenir à couvrir les besoins quotidiens. Car pour prévenir la fragilité osseuse, il faut aussi veiller à ses apports en vitamine D, pratiquer une activité physique régulière et adopter une alimentation variée.
Mais les os ne sont pas les seuls à avoir besoin d'attention après 60 ans. La masse musculaire diminue elle aussi progressivement avec l'âge. Or, la faisselle contient des protéines qui participent à son entretien. "La faisselle est riche en calcium et en protéines (jusqu'à 7 g par portion), même si, à ce niveau, elle n'égale pas le Skyr (11 g), le yaourt grec (10 g) voire même un fromage blanc (8 g)", explique notre interlocutrice. Elle peut donc compléter les apports en protéines, sans remplacer les aliments qui en sont particulièrement riches (œufs, viande, poisson, légumineuses).
"Dans le cadre d'une alimentation riche en protéines, pour une personne de 60 ans elle apportera le petit plus mais, seule, elle ne préviendra pas la fonte musculaire ou l'ostéoporose", précise l'experte. Pour préserver ses muscles, il reste essentiel d'associer une alimentation suffisamment riche en protéines à des exercices de renforcement musculaire.
Enfin, toutes les faisselles ne se valent pas au rayon frais. Leur teneur en matières grasses varie selon le lait utilisé et la recette. "De plus elle est plus riche en matière grasse", souligne Audrey Vergès. Une remarque qui vaut notamment lorsqu'on la compare au Skyr nature, généralement très pauvre en lipides. Pour profiter pleinement de ses bienfaits après 60 ans, mieux vaut déguster la faisselle accompagnée de miel, purée de noisettes et quelques myrtilles. Quant au choix du lait, la naturopathe affiche sa préférence : "Je conseille toujours de privilégier la brebis ou la chèvre à la vache car celle-ci reste inflammatoire pour certaines personnes". Le meilleur réflexe reste donc de comparer les étiquettes et de choisir une faisselle adaptée à ses besoins, à ses goûts et à sa tolérance digestive.
