Quand on lève les yeux vers la Lune, on a l'impression qu'elle n'a pas changé depuis des milliards d'années. Pourtant, notre satellite est en train de rétrécir. Lentement, mais sûrement. Son intérieur se refroidit, sa surface se contracte et sa croûte porte les traces de milliers de failles. Selon une nouvelle étude publiée dans The Planetary Science Journal, le diamètre de la Lune aurait diminué d'environ 90 mètres au cours des 800 derniers millions d'années.

Comment expliquer ce phénomène ? Depuis sa formation, il y a environ 4,5 milliards d'années, la Lune se refroidit progressivement. En perdant sa chaleur, son intérieur se contracte et occupe moins de place. Imaginez un raisin qui sèche et devient un raisin sec : sa peau se ride à mesure que l'intérieur rétrécit. Sur la Lune, c'est presque pareil, sauf que sa surface est faite de roche dure. Sous la pression, cette croûte se fracture et des blocs de roche se soulèvent les uns par rapport aux autres, formant de petites falaises. C'est en étudiant ces déformations que les scientifiques ont pu estimer son rétrécissement. Si celui-ci s'est produit à un rythme régulier, il représenterait seulement entre 6 et 11 centimètres par million d'années. Impossible de voir la différence à l'œil nu.

Mais cette lente contraction n'est pas sans conséquence. Contrairement à la Terre, dont la surface est découpée en grandes plaques tectoniques, la Lune possède une enveloppe rocheuse rigide qui fonctionne globalement comme une seule plaque. Les tensions peuvent donc provoquer des fractures dans de nombreuses régions. Et lorsque les roches bougent brutalement le long de ces failles, elles déclenchent des tremblements de Lune.

Rétrécissement de la Lune © Droits réservés Journal des Femmes

Les instruments des missions Apollo ont déjà enregistré des séismes lunaires superficiels atteignant une magnitude proche de 5. Un phénomène particulièrement surveillé par la NASA, qui prépare le retour des astronautes sur notre satellite avec son programme Artemis. Dans un article consacré aux risques sismiques près du pôle Sud lunaire, l'agence spatiale américaine explique que ces secousses pourraient provoquer des glissements de terrain et représenter un risque pour les futures installations humaines.

Dans son communiqué officiel, le Smithsonian (institution scientifique publique de référence) précise que les régions où la croûte est la plus épaisse semblent présenter moins de failles. Elles pourraient donc être plus stables, même si d'autres facteurs doivent être pris en compte. Une information précieuse pour choisir l'emplacement des futures bases lunaires. Car même si la Lune rétrécit à une vitesse imperceptible, elle n'est pas totalement endormie. Sous son apparente tranquillité, elle continue de craquer, de bouger et de trembler.