On le sait peu mais des études ont établi un lien entre le trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) chez l'adulte et le risque de démence. Un TDAH peut provoquer des difficultés de concentration, des oublis fréquents et des problèmes d'organisation. Des symptômes qui peuvent faire penser à un déclin cognitif, notamment avec l'âge. Pourtant, ces deux troubles sont bien différents. Le TDAH est généralement présent dès l'enfance, tandis que le déclin cognitif correspond à une diminution des capacités de mémoire ou de raisonnement par rapport à avant. Comment les distinguer ?

Ce n'est pas toujours évident. Comme l'explique le Dr Elizabeth Landsverk, spécialiste de la démence, dans un article de Fox News, certains symptômes peuvent se ressembler : "Vous ne vous souvenez plus pourquoi vous êtes entré dans une pièce. Vous ne savez plus où sont vos clés, vous ne vous souvenez plus du nom d'une actrice." Ces oublis peuvent aussi bien se rencontrer chez une personne atteinte de TDAH que chez une personne présentant un déclin cognitif. Ils ne suffisent donc pas, à eux seuls, à distinguer les deux troubles. En revanche, certaines difficultés dans la vie quotidienne qui n'existaient pas auparavant peuvent davantage alerter.

Une personne qui a toujours été distraite, qui égare régulièrement ses affaires ou qui peine à rester concentrée ne présente pas nécessairement un déclin cognitif. Cependant, "si vous n'arrivez pas à payer vos factures, à vous procurer vos médicaments correctement, à vous rendre à vos rendez-vous, si vous promettez des choses et que vous ne les faites pas, vous devriez consulter un médecin" conseille l'experte. Des changements dans le jugement, l'humeur ou le comportement social peuvent aussi être plus évocateurs d'une démence que d'un TDAH, précise-t-elle.

En pratique, il ne faut pas s'inquiéter au moindre trou de mémoire. Le stress, le manque de sommeil, la dépression ou certains médicaments peuvent également perturber l'attention et la mémoire. En revanche, si les oublis deviennent plus fréquents, s'aggravent ou compliquent les activités habituelles, mieux vaut en parler à son médecin. Pour préserver sa santé cérébrale, les recommandations restent les mêmes : pratiquer une activité physique régulière, dormir suffisamment, maintenir des liens sociaux et surveiller les facteurs de risque cardiovasculaire, notamment l'hypertension et le diabète.