À 48 années-lumière de la Terre, une planète presque deux fois plus grande que la nôtre attire l'attention des astronomes. Elle pourrait abriter un immense océan d'eau liquide, comme la Terre. Son nom : LHS 1140 b.
LHS 1140 b peut être présentée comme une "jumelle" de la Terre parce qu'elle réunit un trio de conditions exceptionnelles : située dans la zone habitable de son étoile comme la Terre, cette planète rocheuse possède une atmosphère riche en azote (comme la nôtre) et abrite probablement un océan d'eau liquide. Une nouvelle étude publiée dans Science a ajouté une pièce au puzzle : les chercheurs ont détecté de l'hélium qui s'échappe de la planète, un indice solide qu'elle possède une atmosphère.
"C'est absolument passionnant", a réagi auprès de Live Science l'astrobiologiste Edward Schwieterman. Pour l'instant, impossible d'y envoyer un appareil pour prélever directement un peu d'air. Lorsque LHS 1140 b passe devant son étoile, une petite partie de sa lumière traverse l'atmosphère de la planète avant d'arriver jusqu'à nous. Chaque gaz absorbe certaines couleurs de cette lumière, laissant une sorte d'empreinte digitale que les astronomes peuvent reconnaître. C'est grâce à cette technique et à un instrument installé sur le télescope Magellan Clay, au Chili, que les chercheurs ont repéré la présence d'hélium.
D'après leurs modèles, la planète pourrait ressembler à une gigantesque boule de glace, avec, sur la face constamment tournée vers son étoile, une immense zone où l'eau pourrait rester liquide. Selon certaines simulations, cet océan pourrait mesurer environ 4 000 kilomètres de diamètre, avec une eau atteignant près de 20 °C en son centre. Un scénario qui fait dire au chercheur Charles Cadieux que LHS 1140 b pourrait être "notre meilleure chance de confirmer un jour indirectement la présence d'eau liquide à la surface d'un monde extraterrestre au-delà de notre Système solaire".
Pour les astrophysiciens, la comparaison avec la Terre s'arrête là : beaucoup plus massive que notre globe, LHS 1140 b présente une face perpétuellement plongée dans le jour et l'autre dans la nuit alors que, pour nous, ça change quotidiennement. Une "fausse jumelle", donc, mais la candidate la plus prometteuse jamais observée pour chercher des traces de vie. "Il y a 20 ans, nous nous demandions même si d'autres planètes de type terrestre existaient", rappelle Robin Wordsworth, coauteur de l'étude. Depuis, les astronomes en ont découvert beaucoup. Mais une question restait ouverte : ces mondes pouvaient-ils conserver une atmosphère ? La découverte autour de LHS 1140 b apporte un nouvel élément de réponse positif.