L'affaire des prothèses anti-hernie est un scandale sanitaire qui a éclaté publiquement entre 2017 et 2018 en France, fondé sur les dénonciations de milliers de patients souffrant de complications graves et de douleurs chroniques invalidantes attribuées à la pose d'implants défectueux. Le 22 septembre 2026, la crise franchit un cap tragique avec le recours à l'euthanasie en Belgique, du comédien Arnaud Denis (43 ans), fondateur du collectif de victimes, après des années de souffrances intraitables et le classement sans suite de sa plainte fin août.
En France, plus de 200 000 implants de renfort pariétal sont posés chaque année, selon l'Agence nationale du médicament (ANSM). Selon Me Pierre Debuisson, avocat de patients, 216 signalements ont été adressés à l'ANSM, tandis que l'action collective qu'il mène concerne plusieurs centaines de patients et vise notamment à engager des procédures pour "blessures involontaires, tromperie aggravée et homicide involontaire".
Les implants de renfort pariétal sont classés depuis 2017 parmi les dispositifs médicaux "à risque élevé", au niveau européen. L'ANSM et les fabricants ont l'obligation de suivre ces dispositifs de manière renforcée une fois commercialisés (suivi clinique après vente, obligation de déclarer tout signalement grave). Entre 2020 et 2024, une trentaine de signalements ont été reçus par an. Parmi ces signalements, en 2024, des déclarations de patients, concernant notamment des douleurs persistantes pouvant altérer la qualité de vie, ont été rapportés.
C'est quoi ces prothèses ? Des dispositifs médicaux implantés lors d'une opération chirurgicale afin de renforcer la paroi abdominale ou de l'aine en cas d'hernie. Ces prothèses sont ainsi utilisées dans le traitement des hernies abdominales ou inguinales. Elles se présentent sous la forme de plaques souples, le plus souvent en matière synthétique (polypropylène, polyester) et non résorbables. Quels modèles sont surveillance ? Tous. L'ANSM rappelle que "comme tout dispositif médical implantable, la pose d'un implant de renfort pariétal peut entraîner des complications". Elle n'a pas dressé de liste noire visant des marques ou fabricants précis. Elle traite la catégorie globale des implants de renfort pariétal et mène des actions de surveillance et de contrôle du marché.
Des fabricants tels que Johnson & Johnson/Ethicon, Medtronic, Becton Dickinson ou B. Braun ont par ailleurs été cités dans des procédures judiciaires, enquêtes journalistiques ou retraits de certains produits à l'étranger. Cela ne signifie pas que l'ANSM considère l'ensemble de leurs implants comme défectueux mais le risque existe. Pour connaître la marque exacte d'un implant, l'ANSM invite chaque patient à consulter sa carte d'implant ou à demander cette information au chirurgien ou à l'établissement de santé où l'intervention a été réalisée.
Selon les bilans de matériovigilance de l'ANSM, la pose d'une prothèse peut entraîner des effets post-opératoires classiques (douleurs, hématomes, inflammation), mais aussi des complications justifiant de consulter un professionnel de santé. L'ANSM cite notamment les douleurs persistant plusieurs mois, les infections, les séromes persistants, les inflammations prolongées ou tardives et les récidives de hernie. L'ensemble de ces risques potentiels figure dans la notice du dispositif, et la référence exacte de l'implant figure sur la carte d'implant remise au patient après l'intervention.
