Lors d'une balade en ville ou d'une promenade en pleine nature, il suffit d'observer les passants pour remarquer ce geste si caractéristique chez certaines personnes : marcher les bras croisés dans le dos. Quand le rythme ralentit, nous avons souvent tendance à chercher des postures de confort. Mais pourquoi cette position semble-t-elle plus fréquente avec l'âge ? "C'est un phénomène biomécanique facile à expliquer, bien connu des médecins du sport et des orthopédistes", résume le Dr Matthias Marquardt, médecin du sport interrogé par le média CHIP. Derrière cette posture se cachent en réalité plusieurs mécanismes physiques.
Le fait de vieillir s'accompagne d'une évolution naturelle de l'anatomie. Selon le Dr Matthias Marquardt, le vieillissement entraîne des modifications directes dans notre façon de nous déplacer : avec les années, les foulées deviennent plus courtes et la vitesse de marche diminue. À un rythme plus lent, adopter une démarche avec les bras fixes peut s'avérer plus facile à maintenir. De plus, le corps subit des transformations morphologiques : l'apparition fréquente d'un dos voûté peut déplacer le centre de gravité vers l'avant. Placer les mains derrière le dos pourrait alors contribuer à compenser cette charge vers l'avant, un peu comme un contrepoids.
En prenant cette posture, certains se sentent également plus à l'aise. La position des mains derrière le dos peut favoriser l'ouverture du thorax et ramener les épaules vers l'arrière. Cela permet de contrecarrer temporairement la posture avachie que l'on adopte souvent au quotidien, notamment après de longues heures passées assis. Cette position peut ainsi offrir une petite pause de mobilisation pour le haut du corps.
Sur le plan psychologique, marcher les mains dans le dos est un signal non verbal de flânerie et de détente. Quand on n'a plus besoin de se presser, le cerveau abandonne la posture active de déplacement. En bloquant le balancement automatique des bras, on coupe l'élan naturel du corps, ce qui force mécaniquement l'esprit à adopter un rythme plus paisible. C'est une posture d'observation, libérée de la pression du temps.
Mettre les mains derrière le dos pendant qu'on se promène peut être agréable. Mais nos bras se balancent naturellement quand nous marchons pour de bonnes raisons : ce mouvement rend notamment la marche plus économique comme l'a montré une étude, et peut aider à réagir à une perte d'équilibre. Il n'est donc probablement pas judicieux de marcher constamment avec les bras derrière le dos. Pour préserver une démarche naturelle, la clé reste de varier régulièrement ses positions et d'entretenir les muscles posturaux.