Marcher est décidément excellent pour la santé. En plus de maintenir en forme et de faire du bien au moral, cette habitude quotidienne pourrait préserver les fonctions cérébrales en vieillissant. "On estime que près de la moitié des cas de maladie d'Alzheimer dans le monde sont attribuables à des facteurs de risque modifiables. La sédentarité, en particulier, joue un rôle prépondérant" rappellent des chercheurs dans la revue Nature Medicine.

Partant de ce constat, ils ont voulu savoir si le simple fait de marcher davantage pouvait ralentir le déclin cognitif lié à la maladie d'Alzheimer. "En utilisant le nombre de pas mesuré par podomètre chez des personnes âgées sans troubles cognitifs, nous avons démontré une association entre une activité physique plus importante et un déclin cognitif et fonctionnel plus lent" expliquent-ils. Alors, combien de pas faut-il faire pour protéger son cerveau ?

Les scientifiques ont suivi 296 volontaires pendant 14 ans. Ils ont mesuré leur nombre de pas quotidien à l'aide d'un podomètre et les ont répartis en quatre niveaux : sujets inactifs (≤ 3 000 pas par jour), sujets faiblement actifs (3 000 à 5 000), sujets modérément actifs (5 000 à 7 500) et sujets actifs (≥ 7 500). Les sujets ont passé des examens afin de suivre l'évolution de deux protéines impliquées dans la maladie d'Alzheimer, la bêta-amyloïde et la protéine tau. Leur accumulation dans le cerveau est associée à une dégradation des capacités cognitives. 

Au terme de l'étude, les chercheurs ont constaté que le nombre idéal de pas par jour pour préserver ses fonctions cognitives est de 5 000 à 7 500. Chez les participants présentant déjà un niveau élevé de bêta-amyloïde dans le cerveau, cette activité dite "modérée" était associée à une accumulation plus lente de protéine tau ainsi qu'à un déclin cognitif plus lent. Surtout, les chercheurs ont observé une sorte de plateau : au-delà de 7 500 pas quotidiens, aucun bénéfice supplémentaire n'a été observé. Et que les petits marcheurs se rassurent : même une activité plus faible, comprise entre 3 000 et 5 000 pas par jour, était déjà associée à une évolution plus favorable que chez les personnes effectuant 3 000 pas ou moins.

L'impact de la marche sur le long terme est loin d'être anecdotique, pour les scientifiques. Chez les personnes ayant un niveau élevé de bêta-amyloïde, ils estiment qu'après neuf ans, le déclin cognitif était inférieur de 40 % dans le groupe réalisant 3 000 à 5 000 pas par jour et de 54 % dans celui effectuant 5 000 à 7 500 pas, par rapport au groupe le plus sédentaire. L'étude suggère également une piste pour expliquer cette association : marcher davantage freinerait la progression de la protéine tau.

Les chercheurs soulignent toutefois qu'il s'agit d'une étude observationnelle. Des essais cliniques randomisés seront nécessaires pour établir un lien de cause à effet. En attendant, la marche est une activité accessible à tous, en toutes saisons et particulièrement en automne quand les températures sont plus fraiches mais que le soleil est encore là. L'occasion aussi de faire le plein de vitamine D pour booster ses défenses immunitaires et faire le plein d'énergie avant l'hiver.