Chaque décennie, le Soleil traverse une période d'activité intense capable d'illuminer le ciel terrestre de voiles violacés et verts. Ce spectacle féérique, d'ordinaire réservé aux latitudes polaires comme la Laponie ou l'Islande, peut alors devenir visible jusque dans le ciel français. Créées par des particules projetées par le Soleil qui viennent frapper l'atmosphère terrestre, les aurores dépendent fortement de l'activité de notre étoile. Et la bonne nouvelle, c'est que les prochains mois pourraient encore nous réserver de belles surprises.
Le Soleil suit un rythme régulier : son activité varie selon un cycle qui dure en moyenne 11 ans, peut-on lire sur le site du Centre de prévision de la météo spatiale de la NOAA. Le cycle actuel, le 25ᵉ depuis le début des relevés scientifiques, a atteint son maximum et commence désormais à décliner. Mais le Soleil est encore capable de produire de puissantes tempêtes pendant cette période, créant les conditions nécessaires pour voir apparaître des aurores boréales jusque sous nos latitudes.
L'automne est justement l'une des saisons les plus favorables pour tenter sa chance. Autour de l'équinoxe de septembre, le 23 septembre 2026, certaines conditions liées à la position de la Terre par rapport au Soleil favorisent l'activité géomagnétique : c'est ce que les scientifiques appellent l'effet Russell-McPherron. Parallèlement, les nuits deviennent assez longues pour offrir plus d'obscurité. Cela ne signifie pas que des aurores apparaîtront à coup sûr : il faut encore qu'une forte activité solaire provoque une tempête géomagnétique puissante au bon moment.
Pour maximiser vos chances d'en voir, il faut s'y préparer. Dès l'annonce d'une alerte géomagnétique, éloignez-vous impérativement de toute pollution lumineuse en privilégiant les zones rurales, les côtes orientées vers le nord ou les sommets dégagés comme les Cévennes et le pic du Midi. Repérez à l'avance un horizon nord parfaitement dégagé, sans arbres ni bâtiments qui masqueraient la ligne de vue. À nos latitudes, le phénomène apparaît souvent d'abord sous la forme d'une lueur blanchâtre ou d'un léger voile brumeux.
Une fois sur place, munissez-vous de votre matériel photo ou de votre smartphone fixé sur trépied. Passez en mode nuit ou choisissez une pose de quelques secondes si votre appareil le permet : le capteur peut faire apparaître des couleurs difficiles à distinguer à l'œil nu. Gardez un œil constant sur les applications de météo spatiale pour guetter les pics de l'indice Kp, qui mesure l'intensité des perturbations du champ magnétique terrestre sur une échelle allant jusqu'à 9. Plus il grimpe, plus les aurores ont des chances de devenir visibles loin des régions polaires.
