Consultations médicales pendant le Covid-19 : comment ça se passe ?

Dentistes, dermatologues, kinés, orthodontistes, opticiens, ophtalmologues ... Quelles conditions pour avoir un rendez-vous ? Et se rendre au cabinet ? Votre cas est-il une urgence ? Guide de consultations médicales pendant l'épidémie de Covid-19.

Consultations médicales pendant le Covid-19 : comment ça se passe ?
© Antonio Guillem -123RF

Les professionnels de santé ont rouvert leurs cabinets après le confinement. Leurs conditions de consultation ont néanmoins beaucoup changé. Ils doivent appliquer les mesures de sécurité sanitaire promulguées par le gouvernement. Comment se déroulent désormais les consultations en cabinets médicaux ? Peut-on retourner chez le médecin généraliste sans rendez-vous ? Chez le dentiste ? L'ophtamologue ? L'orthodontiste ? Voici les nouvelles conditions de consultation et les recommandations faites aux patients pour se rendre en cabinet.

Se rendre chez un opticien

La réouverture de tous les magasins d'optique est effective depuis le lundi 11 mai partout en France conformément aux annonces gouvernementales. L'entrée dans ces commerces est cependant soumis au respect de nombreuses consignes sanitaires : application des gestes barrières, port systématique du masque pour les clients et les opticiens, nettoyage des lunettes, des verres, des mains, des surfaces… Les différentes mesures nécessaires sont listées par les organisations professionnelles et par le Gifo (Groupement des industriels et fabricants de l'optique).

► accès au magasin limité à 4 clients par 100 m2

► la possibilité ou la nécessité de prendre rendez-vous en amont pour faciliter la prise en charge dans le point de vente et/ou indiquer la possibilité de commander à distance (notamment par téléphone) pour certains produits.

► entrée et sortie distinctes avec un fléchage pour organiser le flux, comme un balisage au sol pour séparer les zones d'essayage, d'encaissement.

►  se nettoyer les mains avant la manipulation des lunettes pour l'essayage ou porter des gants à usage unique. 

Sur le plan des mesures de sécurité sanitaire et conformément aux recommandations des principaux syndicats de la profession, les enseignes d'optiques du groupement Optic 2000 ont voulu rassurer leur clientèle et leurs collaborateurs en s'équipant de masques, visières, gel, gants, lingettes. Le client sera entièrement pris en charge par le professionnel, "qui s'occupe de lui présenter une sélection personnalisée adaptée à besoins, puis de soigneusement nettoyés, avant et après, chaque rendez-vous les montures, une par une et de les passer dans un bac à ultrasons scotch de marquage au sol pour le respect des distances de sécurité". Il en est désormais de même partout, pour rassurer, et parce que "les opticiens sont assez exposés (au virus, par le contact avec leur client)" nous précisait le délégué général du ROF (Rassemblement des Opticiens de France) Thibaut Pichereau. Ces mêmes enseignes ont par ailleurs demandé "la mise en place de mesures dérogatoires pour allonger la durée de validité des ordonnances (de 5 ans actuellement, à 7 ans) et faciliter l'accès aux équipements optiques", argumentant que "5 millions de rendez-vous dans les cabinets d'ophtalmologie n'ont pas pu avoir lieu pendant la période de confinement" , a déclaré Yves Guénin, secrétaire général d'Optic 2000 dans son communiqué le 7 mai. Le service de garde sur la plateforme UrgenceOpticien est arrêté mais "pourra (être) réactivé temporairement si besoin, dans les périodes de confinement" souligne le délégué général du ROF.

30% des ophtalmologistes estiment que leurs délais de rendez-vous sont plus importants qu'avant le confinement.

Consultation chez l'ophtalmologue : quel délai ?

Selon un sondage du Syndicat national des ophtalmologistes de France (SNOF) auprès des ophtalmologues, 30% des ophtalmologistes estiment que leurs délais de rendez-vous sont plus importants qu'avant le confinement, mais dans les régions les plus touchées par le Covid-19, ils seraient plutôt en diminution. Dans 41% des cabinets, les effets de la période de confinement les obligent à privilégier les consultations les plus urgentes, les patients chroniques, notamment ceux instables, les patients qui n'ont pas pu consulter pendant la période de confinement et ceux adressés par un confrère. L'activité de bloc opératoire peine quant à elle à repartir : seuls 1/3 des ophtalmologistes chirurgicaux ont retrouvé leur activité habituelle.

► Le patient doit prévoir de venir au rendez-vous avec un masque, son stylo et une carte bancaire de préférence pour le règlement, sans accompagnant (sauf si le patient est un enfant ou une personne handicapée). Il lui sera demandé d'utiliser le gel hydro-alcoolique à l'entrée du cabinet ou de se laver les mains. En cas de suspicion de Covid-19, et la consultation sera décidé par le médecin.

Consultation dentiste : quelles conditions dans les cabinets dentaires ?

La réouverture des cabinets dentaires s'est faite progressivement depuis le 11 mai, date de levée du confinement, en fonction de l'organisation du fonctionnement au sein de chaque cabinet et de l'approvisionnement en matériel de protection (masques FFP2 notamment).

► Aucune consultation ne peut avoir lieu sans un contact préalable par téléphone ou par email, entre le patient et le dentiste. Seul le dentiste décide de la faisabilité du rendez-vous.

Il est demandé au patient d'être ponctuel, de mettre un masque, d'appliquer les gestes barrières (chaque patient est invité à se laver les mains à l'eau et au savon, à défaut, avec du gel hydro-alcoolique), de rester à distance des éventuels autres patients, de suivre le balisage au sol s'il y en a un en place, de privilégier les échanges dématérialisés avec le cabinet et le praticien concernant les ordonnances, la facturation, le paiement...  

Pour les professionnels, l'usage du crachoir est proscrit.

Consultation des orthodontistes : un questionnaire de santé avant le rendez-vous 

La transmission d'un agent infectieux comme le coronavirus au cabinet orthodontique peut se produire de patient à patient par l'intermédiaire des mains de l'équipe soignante ou par les instruments ; du patient à l'équipe soignante ; du praticien au patient.

► Avant chaque rendez-vous chez l'orthodontiste, le patient est questionné sur son état de santé : de l'absence de symptômes, à la suspicion de symptômes évocateurs de Covid-19, avec ou sans contact étroit avec une personne avérée Covid-19, ou patient Covid-19.

Seules les personnes sans symptômes peuvent consulter pour des soins non-urgents, toutefois laissés à l'appréciation de l'orthodontiste.

Le nombre de patients dans les salles d'attente est aussi volontairement limité (les patients Covid-19 consultent sur des plages horaires spécifiques à chaque médecin), afin de préserver les règles de distanciation recommandées. Et tous les autres gestes barrières sont évidemment à respecter (port du masque, désinfection des mains...). 

Les urgences orthodontiques étant rares, si le praticien juge que la réalisation d'un acte ne permet pas de remplir toutes les conditions nécessaires à la sécurité sanitaire de son patient et de l'équipe soignante, cet acte sera simplement différé. 

Ce qui change également est l'équipement du praticien et de son personnel. Selon les actes à effectuer, des masques différents, des sur-blouses, sur-chaussures ou des visières peuvent compléter les protections habituelles.

La consultation en cabinets de kinésithérapie

affiche kine cabinet covid-19
Affiche réalisée par la FFMKR pour les kinésithérapeutes en vue de la réouverture de leur cabinet le 11 mai.. © FFMKR

Les kinésithérapeutes ont rouverts leur cabinet majoritairement dès le 11 mai. Ils ont reçu de la part de leurs représentants syndicaux, FFMKR (Fédération Française des Masseurs Kinésithérapeutes Rééducateurs) et CNOMK (Conseil national de l'Ordre des Masseurs-Kinésithérapeutes), des "guides de bonnes pratiques" définissant avec l'appui des scientifiques (de la Haute autorité de santé et de la CPIAS pour l'hygiène) les conditions d'exercices et d'hygiène nécessaires à la reprise de leur activité.

► Il est possible de se rendre en consultation et en séance de kinésithérapie après un premier contact par téléphone. Une personne présentant un symptôme de Covid-19 ne pourra pas être reçu mais pourra bénéficier d'une séance en télésoin si cela est compatible avec la prise en charge de sa pathologie.

► Dans le cas où le patient est reçu au cabinet, il doit venir avec un masque, et seul. Il doit également suivre le protocole de sécurité sanitaire et de circulation au sein du cabinet, par balisage au sol, une porte d'entrée distincte de la sortie. "Le mode de prise en charge a évolué depuis le début de l'épidémie, les kinés se déplacent à domicile, comme ils le faisaient il y a plusieurs années, explique Sébastien Guérard, président du FFMKR. Il existe également un annuaire de prise de garde des kinés sur la France pour les patients post-Covid-19" pour éviter que les patients se croisent au cabinet des kinésithérapeutes.

Consultation chez le pédiatre : faites le point sur les vaccins

Les consultations médicales des pédiatres ont été maintenues dans la continuité et la permanence de soins et plus spécifiquement pour les besoins urgents, notamment pour les vaccinations obligatoires dans les premiers mois de vie de l'enfant. Le respect des mesures barrières, la distanciation et l'hygiène des mains sont une priorité dans les cabinets médicaux.

► Le port d'un masque est demandé à l'accompagnant de l'enfant, pour les situations de contact interpersonnel si la distance de sécurité sanitaire d'au moins un mètre ne peut être assurée. L'Afpa ne recommande pas le port du masque pour les enfants de moins de 5-6 ans.

► La prise de rendez-vous pour une consultation est nécessaire et permet au médecin de décider de l'urgence et de l'état de santé du patient ou de son accompagnant afin de fixer un horaire de rendez-vous adapté. Les consultations jugées non indispensables (évaluées au cas par cas du bénéfice-risque) peuvent être reportées ou réalisées en téléconsultations sur avis du médecin. Les familles dont le pédiatre habituel n'aura pas rouvert son cabinet doivent chercher un autre spécialiste. "Il est indispensable, en raison de la mise en place des sorties précoces de maternités, que les nouveau-nés soient vus par un pédiatre (ou un médecin spécifiquement formé à la prise en charge des nouveau-nés) dans les six à huit jours qui suivent leur sortie de maternité ", insiste le SNPF (Syndicat national des pédiatres français). Les vaccinations des nourrissons jusqu'à 16 mois et le suivi des maladies chroniques sont des priorités, a précisé le syndicat.

Source : Enquête SNOF menée par questionnaire en ligne auprès de 890 ophtalmologistes libéraux, du 25 mai au 2 juin 2020.