Consultation médicale et confinement : attestation, psychologue...

Opticiens, psychologues, dentistes, kinés, ophtalmologues, orthophonistes... Quelles conditions pour avoir un rendez-vous et se rendre au cabinet pendant le deuxième confinement ? Guide pour se rendre chez un médecin.

Consultation médicale et confinement : attestation, psychologue...
© Antonio Guillem -123RF

[Mise à jour le jeudi 5 novembre 2020 à 12h21] La France est reconfinée depuis le vendredi 30 octobre 2020 et ce jusqu'au 1er décembre afin d'endiguer la deuxième vague de coronavirus. Les Français peuvent sortir uniquement sous certaines conditions (aller travailler, faire des courses de première nécessité, emmener les enfants à l'école ou aider un proche). Se rendre chez le médecin est-il permis ? Que remplir sur l'attestation ? Comment se déroulent les consultations en cabinets médicaux pendant le confinement? Peut-on se rendre chez le médecin généraliste sans rendez-vous ? Chez le psychologue ? Chez le dentiste ? L'ophtalmologue ? L'orthodontiste ? L'opticien ? Voici les conditions de consultation en période de reconfinement et les recommandations faites aux patients pour se rendre en cabinet.

Attestation pour se rendre chez le médecin : que remplir ?

Les cabinets médicaux restent ouverts pendant le confinement en vigueur (comme lors du premier en mars) et les professionnels de santé doivent accueillir les patients selon des mesures sanitaires très strictes. Pour se rendre à une consultation médicale, il faut remplir une attestation de déplacement et cocher la case "Consultations et soins ne pouvant être assurés à distance et ne pouvant être différés et l'achat de médicaments".

Se rendre chez un opticien

Grande nouveauté de ce deuxième confinement : les opticiens ont l'autorisation de rester ouverts, indique le gouvernement sur son site. Le service "Urgence opticiens" proposé pendant le confinement de mars n'est donc pas remis en place. Si les opticiens peuvent accueillir leurs clients, ils doivent évidemment respecter des mesures sanitaires strictes listées par les organisations professionnelles et par le Gifo (Groupement des industriels et fabricants de l'optique) : 

► application des gestes barrières :  port systématique du masque pour les clients et les opticiens, nettoyage des lunettes, des verres, des mains, des surfaces… 

accès au magasin limité 

► privilégier la prise de rendez-vous en amont pour faciliter la prise en charge dans le point de vente et/ou indiquer la possibilité de commander à distance (notamment par téléphone) pour certains produits.

► entrée et sortie distinctes avec un fléchage pour organiser le flux, comme un balisage au sol pour séparer les zones d'essayage, d'encaissement.

►  se nettoyer les mains avant la manipulation des lunettes pour l'essayage ou porter des gants à usage unique. 

► le client devra insérer lui-même sa carte vitale dans le lecteur

► privilégier les échanges de documents par mail (ordonnance, mutuelle...)

Sur le plan des mesures de sécurité sanitaire et conformément aux recommandations des principaux syndicats de la profession, les enseignes d'optiques du groupement Optic 2000 ont voulu rassurer leur clientèle et leurs collaborateurs en s'équipant de masques, visières, gel, gants, lingettes. Le client sera entièrement pris en charge par le professionnel, "qui s'occupe de lui présenter une sélection personnalisée adaptée à besoins, puis de soigneusement nettoyés, avant et après, chaque rendez-vous les montures, une par une et de les passer dans un bac à ultrasons scotch de marquage au sol pour le respect des distances de sécurité". Il en est désormais de même partout, pour rassurer, et parce que "les opticiens sont assez exposés (au virus, par le contact avec leur client)" nous précisait le délégué général du ROF (Rassemblement des Opticiens de France) Thibaut Pichereau. 

 

Consultation chez l'ophtalmologue pendant le confinement

Les ophtalmologues peuvent également continuer d'exercer leurs activités en cabinets sous plusieurs conditions. Ils peuvent reprendre les téléconsultations et doivent à nouveau procéder à un "interrogatoire Covid" afin de voir si le patient présente des symptômes du virus avant sa consultation. 

► Le patient doit être prévenu : il doit venir au rendez-vous avec un masque s'il est âgé de plus de 6 ans, son stylo et une carte bancaire de préférence pour le règlement, sans accompagnant (sauf si le patient est un enfant ou une personne handicapée). Il lui sera demandé d'utiliser le gel hydro-alcoolique à l'entrée du cabinet ou de se laver les mains. En cas de suspicion de Covid-19, et la consultation doit être reportée. 

► L'accueil du patient soit se faire à au moins 1 mètre de distance : un marquage au sol peut être fait afin de délimiter l'espace d'accueil.

► L'accueil doit être protégé par un plexiglas ou un hygiaphone si la configuration des lieux le permet

► Le personnel doit porter un masque ou une visière couvrant le visage

► dans la salle d'attente, le patient n'a plus accès aux revues (les sièges sont désinfectés régulièrement, ainsi que les toilettes)

La totalité des mesure d'accueil est précisée sur le site de la Société Française d'Ophtalmologie.

 Consultation de psychologue : dans quelles conditions ?

Les psychologues peuvent continuer d'exercer en cabinet pendant cette deuxième période de confinement. Le 31 octobre, Frank Bellivier, Délégué Ministériel à la Santé Mentale et à la Psychiatrie l'a confirmé : "Leurs usagers peuvent ainsi s'y rendre en cochant la case de l'attestation permettant les déplacements pour effectuer des consultations, examens ou soins."  Le rôle de ces professionnels de santé est essentiel en cette période de pandémie, rappelle le Syndicat National des psychologues : "Les psychologues doivent être là pour écouter et soulager l'anxiété de ceux qui souffrent, et éviter que des décompensations viennent engorger les urgences."

Comment se déroulent les consultations ? La FFPP (Fédération Française des Psychologues et de Psychologie) a publié un communiqué le 28 octobre dans lequel elle conseille aux psychologues de poursuivre leur activité auprès des usagers, dans le respect des gestes barrières et protocoles sanitaires d'usage." Ils peuvent recevoir leurs patients au cabinet ou réaliser leurs consultations en vidéo ou par téléphone.

Consultation d'orthophoniste pendant le confinement 

Les orthophonistes peuvent encourager la pratique de la consultation en télésoin, mais ils peuvent également accueillir leurs patients au sein de leur cabinet. Pour que les professionnels de santé soient préparés, le Fédération Nationale d'Orthophonie a publié un ensemble de fiches pratiques. L'organisation rappelle que les gestes barrières : "doivent se décliner et s'adapter en fonction de chaque cabinet et des pratiques de chaque professionnel".

Les personnes âgées de plus de 6 ans doivent porter un masque.

La distanciation sociale doit être respectée et il faut également éviter les contacts physiques.

Les patients doivent arriver à l'heure de leur rendez-vous ou patientez dehors et doivent se munir de leur propre matériel (crayon, carnet...).

Avant chaque séance, le professionnel de santé et le patient se lavent les mains ou utilisent du gel hydroalcoolique .

Les objets touchés doivent être désinfectés après chaque session.

Les locaux doivent être très régulièrement aérés.

Le paiement par carte et sans contact doit être privilégié.

Consultation dentiste : quelles conditions dans les cabinets dentaires ?

Les cabinets dentaires sont eux aussi ouverts et accueillent des patients durant ce deuxième confinement. 

► Aucune consultation ne peut avoir lieu sans un contact préalable par téléphone ou par email, entre le patient et le dentiste. Seul le dentiste décide de la faisabilité du rendez-vous.

Le patient doit reporter ou annuler sa consultation s'il a été en contact avec une personne malade ou si lui même est malade (toux, fièvre...)

Il est demandé au patient d'être ponctuel, de mettre un masque chirurgical, d'appliquer les gestes barrières (chaque patient est invité à se laver les mains à l'eau et au savon, à défaut, avec du gel hydro-alcoolique), de rester à distance des éventuels autres patients, de suivre le balisage au sol s'il y en a un en place, de privilégier les échanges dématérialisés avec le cabinet et le praticien concernant les ordonnances, la facturation, le paiement...  

Pour les professionnels, l'usage du crachoir est proscrit.

Consultation des orthodontistes : un questionnaire de santé avant le rendez-vous 

La transmission d'un agent infectieux comme le coronavirus au cabinet orthodontique peut se produire de patient à patient par l'intermédiaire des mains de l'équipe soignante ou par les instruments ; du patient à l'équipe soignante ; du praticien au patient. Des mesures sanitaires doivent donc être respectées. 

► Avant chaque rendez-vous chez l'orthodontiste, le patient est questionné sur son état de santé : de l'absence de symptômes, à la suspicion de symptômes évocateurs de Covid-19, avec ou sans contact étroit avec une personne avérée Covid-19, ou patient Covid-19.

Seules les personnes sans symptôme peuvent consulter pour des soins non-urgents, toutefois laissés à l'appréciation de l'orthodontiste.

Le nombre de patients dans les salles d'attente est aussi volontairement limité (les patients Covid-19 consultent sur des plages horaires spécifiques à chaque médecin), afin de préserver les règles de distanciation recommandées. Et tous les autres gestes barrières sont évidemment à respecter (port du masque, désinfection des mains...). 

Les urgences orthodontiques étant rares, si le praticien juge que la réalisation d'un acte ne permet pas de remplir toutes les conditions nécessaires à la sécurité sanitaire de son patient et de l'équipe soignante, cet acte sera simplement différé. 

Ce qui change également est l'équipement du praticien et de son personnel. Selon les actes à effectuer, des masques différents, des sur-blouses, sur-chaussures ou des visières peuvent compléter les protections habituelles.

La consultation en cabinets de kinésithérapie

affiche kine cabinet covid-19
Affiche réalisée par la FFMKR pour les kinésithérapeutes en vue de la réouverture de leur cabinet le 11 mai.. © FFMKR

Les kinésithérapeutes sont ouverts pendant ce deuxième confinement, contrairement au mois de mars. Cependant, si le patient est considéré comme fragile (diabète, obésité, maladie cardiovasculaires...), Sébastien Guérard, président de la Fédération française des masseurs, kinésithérapeutes et rééducateurs (FFMKR) indique à Capital que les professionnels de santé devront lui conseiller de reporter sa consultation si cela est possible : "Ce sera du cas par cas et nous allons évaluer le bénéfice risque." Les kinésithérapeutes ont reçu de la part de leurs représentants syndicaux, FFMKR et CNOMK (Conseil national de l'Ordre des Masseurs-Kinésithérapeutes), des "guides de bonnes pratiques" définissant avec l'appui des scientifiques (de la Haute autorité de santé et de la CPIAS pour l'hygiène) les conditions d'exercices et d'hygiène nécessaires pour accueillir leurs patients.

► Il est possible de se rendre en consultation et en séance de kinésithérapie après un premier contact par téléphone. Une personne présentant un symptôme de Covid-19 ne pourra pas être reçu mais pourra bénéficier d'une séance en télésoin si cela est compatible avec la prise en charge de sa pathologie.

► Dans le cas où le patient est reçu au cabinet, il doit venir avec un masque, et seul. Il doit également suivre le protocole de sécurité sanitaire et de circulation au sein du cabinet, par balisage au sol, une porte d'entrée distincte de la sortie. "Le mode de prise en charge a évolué depuis le début de l'épidémie, les kinés se déplacent à domicile, comme ils le faisaient il y a plusieurs années, explique Sébastien Guérard, président du FFMKR. Il existe également un annuaire de prise de garde des kinés sur la France pour les patients post-Covid-19" pour éviter que les patients se croisent au cabinet des kinésithérapeutes.

Consultation chez le pédiatre : faites le point sur les vaccins

Les consultations médicales des pédiatres ont été maintenues dans la continuité et la permanence de soins et plus spécifiquement pour les besoins urgents, notamment pour les vaccinations obligatoires dans les premiers mois de vie de l'enfant. Le respect des mesures barrières, la distanciation et l'hygiène des mains sont une priorité dans les cabinets médicaux.

► Le port d'un masque est demandé à l'accompagnant de l'enfant, pour les situations de contact interpersonnel si la distance de sécurité sanitaire d'au moins un mètre ne peut être assurée. L'Afpa ne recommande pas le port du masque pour les enfants de moins de 5-6 ans.

► La prise de rendez-vous pour une consultation est nécessaire et permet au médecin de décider de l'urgence et de l'état de santé du patient ou de son accompagnant afin de fixer un horaire de rendez-vous adapté. Les consultations jugées non indispensables (évaluées au cas par cas du bénéfice-risque) peuvent être reportées ou réalisées en téléconsultations sur avis du médecin. Les familles dont le pédiatre habituel n'aura pas rouvert son cabinet doivent chercher un autre spécialiste. "Il est indispensable, en raison de la mise en place des sorties précoces de maternités, que les nouveau-nés soient vus par un pédiatre (ou un médecin spécifiquement formé à la prise en charge des nouveau-nés) dans les six à huit jours qui suivent leur sortie de maternité ", insiste le SNPF (Syndicat national des pédiatres français). Les vaccinations des nourrissons jusqu'à 16 mois et le suivi des maladies chroniques sont des priorités, a précisé le syndicat.

Source : Enquête SNOF menée par questionnaire en ligne auprès de 890 ophtalmologistes libéraux, du 25 mai au 2 juin 2020.