Hypocondriaque : symptômes, cause, test, que faire ?

"Hypocondriaque : symptômes, cause, test, que faire ?"

Tel le malade imaginaire, l'hypocondriaque se croit malade à cause de symptômes qu'il s'invente ou qu'il exagère. Et à force, se rend vraiment malade. Quels sont les symptômes de l'hypocondrie ? Existe-t-il des tests ? Quel traitement pour se soigner ? Comment vivre avec ?

L'hypochondrie fait partie des troubles psychiatriques somatoformes, elle se caractérise par le fait de se croire malade, tel le malade imaginaire. Si la tendance à l'hypocondrie est très répandue (on estime que 4 à 9% des consultations en médecine générale sont sans objet réel), les vrais hypocondriaques, c'est-à-dire ceux qui vivent littéralement enfermés dans la hantise de la maladie, sont beaucoup plus rares.  Définition, symptômes, causes, test et traitement de l'hypocondrie.

Définition : c'est quoi une personne hypocondriaque ?

L'hypocondrie frappe les hommes autant que les femmes. Elle consiste à se croire malade, à partir d'une invention ou d'une exagération de symptômes bénins. Malade imaginaire, l'hypocondriaque peut nourrir une telle crainte de sa condition... qu'il se rend vraiment malade ! Il peut par exemple se plaindre de douleurs suite à un choc affectif, un sentiment d'insécurité ou un événement venant perturber sa vie quotidienne. Il recherche constamment le moindre signe de maladie, et son inquiétude est sans commune mesure avec son état de santé réel. Ses craintes peuvent se porter sur un organe particulier, par exemple le cerveau, ou sur une fonction, comme l'appareil digestif. Elles peuvent aussi être liées à des maladies fortement médiatisées comme le sida ou le cancer. L'hypocondrie mène le patient à consulter de nombreux médecins spécialistes dont il met généralement les qualités en doute.

 Il recherche constamment le moindre signe de maladie

Comment devient-on hypocondriaque ?

Comme pour beaucoup de maladies psychiques, il est souvent difficile de trouver une seule cause précise à l'hypocondrie. Il faut souvent un événement psychologique difficile et brutal en général, pour déclencher le processus. Ce peut être le décès d'un proche par exemple, un accident ou encore un événement quelconque, pas nécessairement négatif à première vue. L'hypocondrie peut apparaître dès l'enfance, mais le pic d'incidence se situe plutôt entre 20 et 30 ans.

Quels sont les symptômes de l'hypocondrie ?

Si vous rencontrez quelqu'un qui, dans la même semaine, a été chez un dermato, chez son kiné, son ostéo, a consulté deux ou trois spécialistes, a priori, vous avez affaire à un hypocondriaque. L'hypocondriaque est persuadé qu'il est atteint d'une maladie, généralement grave. 

Le moindre signe est surinterprété. 

Pour se rassurer, il a tendance à consulter de nombreux médecins différents ou internet tout en remettant en doute ce qui lui est dit (y compris les examens médicaux normaux) et en ne se rappelant que des signes qui peuvent alimenter son anxiété. Dans certains cas, l'hypocondrie peut prendre une telle proportion qu'elle affecte la vie sociale, familiale et professionnelle. Parfois, elle débouche sur le stress, l'anxiété, la dépression, la panique... et de vrais problèmes de santé. Le moindre signe est surinterprété : toux, plaie, pouls un peu accéléré, douleur même faible et fugace, etc. Chaque événement assez anodin et fréquent devient le symptôme d'une pathologie cachée. Mais de quel type de douleur souffre donc l'hypocondriaque ? C'est très variable d'une personne à l'autre. Ses souffrances peuvent concerner tout ou partie du corps. Reviennent souvent les douleurs abdominales. Le mot "hypocondriaque", inventé du temps d'Hippocrate, désigne d'ailleurs une douleur qui se situerait sous les côtes, au niveau du foie. Autre symptôme fréquent chez ces malades : une fatigue incommensurable, qui les empêche d'avancer. Quant à la pathologie qui leur fait peur par excellence ? Le cancer, bien sûr. Il se développe en silence, dans n'importe quelle partie du corps et, souvent, quand les douleurs apparaissent, c'est qu'il est déjà développé. C'est LA maladie terrorisante quand on a tendance à s'inquiéter pour sa santé.

Quelles sont les personnes à risque d'être hypocondriaques ?

Les personnalités narcissiques, anxieuses ou ayant grandi dans un environnement familial très préoccupé par la santé peuvent être plus susceptibles de souffrir d'hypocondrie.

Test : comment savoir si on est hypocondriaque ?

Seul le médecin traitant, et particulièrement le psychiatre, peuvent faire le diagnostic d'hypocondrie. Selon la classification internationale des maladies (CIM-10), l'hypocondrie appartient aux "troubles somatoformes" qui se caractérisent par des symptômes physiques associés à des demandes d'investigation médicale, persistant malgré des bilans négatifs répétés. Ce sont habituellement des personnes qui présentent un comportement histrionique (anciennement "hystérique") et essayent d'attirer l'attention d'autrui, notamment quand ils ne réussissent pas à convaincre leur médecin de la nature essentiellement physique de leur maladie et de la nécessité de poursuivre les investigations et les examens complémentaires. Il n'existe pas vraiment de test reconnus pour diagnostiquer l'hypocondrie. C'est un diagnostic d'élimination qui se fait après avoir recherche toutes les causes physiques possibles aux symptômes.

Comment guérir de l'hypocondrie ?

Il est classique que le patient hypocondriaque s'oppose à toutes hypothèses psychologiques pouvant expliquer ses troubles, même quand le contexte l'évoque ou qu'il existe des symptômes dépressifs ou anxieux manifestes, ce qui rend la prise en charge psychologique très difficile. Il est préférable de parler de trouble somatoforme pour amener l'hypocondriaque à consulter un psychiatre et/ou un psychologue.

► Plusieurs psychothérapies peuvent être efficaces pour traiter l'hypocondrie : la thérapie brève dynamique individuelle, la thérapie de famille, l'hypnothérapie et/ou les thérapies corporelles. Les techniques de relaxation comme la sophrologie par exemple offrent souvent des résultats intéressants pour faire baisser le niveau global d'anxiété.

► Les antidépresseurs de différentes familles, y compris les sérotoninergiques, et les tricycliques, semblent aussi avoir un effet positif, toujours en complément de la psychothérapie.

► Certains traitements naturels comme l'homéopathie et la phytothérapie peuvent être une aide complémentaire au cas par cas et en fonction des symptômes.

Comment prévenir les crises d'hypocondrie ?

Pour prévenir les crises d'hypocondrie, il est recommandé de travailler sur son anxiété, si on a tendance à souffrir de son stress, grâce à des techniques de relaxation quotidiennes, plusieurs fois par jour si nécessaire, ainsi qu'à une bonne hygiène de vie et une alimentation équilibrée. La méditation peut aussi être une aide pour prendre du recul sur ses pensées envahissantes.

Comment évolue l'hypocondrie ?

Son évolution est très variable : certains patients font une crise limitée sur quelques mois et quelques années, puis retrouvent l'équilibre. D'autres restent durablement prisonniers de leurs maladies imaginaires. Tout dépend de l'acceptation de la maladie et de la prise en charge.

Comment vivre avec un hypocondriaque ?

Il est difficile de vivre avec un(e) hypocondriaque. La place pour les amis, la famille et même le conjoint devient extrêmement mince. Toutes les conversations tournent autour des symptômes et des examens réalisés par la personne malade. Lui et sa santé constituent son unique centre d'intérêt. Il y a donc peu de chances pour que le conjoint puisse partager ses soucis à lui, ses émotions. Il doit les remballer et se confier à quelqu'un d'autre. En outre, la vie intime disparaît elle aussi. Plus de complicité à chercher de ce côté-là non plus. Le proche se retrouve tiraillé entre le désir d'apaiser les craintes du malade en le soutenant dans ses démarches, quitte à entretenir le phénomène, et celui de le bousculer pour lui faire prendre conscience qu'il n'a pas de maladie physique.

Comment aider un proche hypocondriaque ?

Pour aider un proche hypocondriaque, il est important de l'inciter à comprendre que ses symptômes sont réels mais que c'est l'interprétation qu'il en fait qui est fausse. Pour cela, n'hésitez pas à lui conseiller de consulter un psychiatre ou un psychologue pour lui expliquer que sa maladie et ses symptômes, réels, peuvent être amplifiés par ses angoisses et son anxiété.