AVC : oubliez le cholestérol, c'est cet autre chiffre de votre prise de sang qui prédit le risque

Surveiller votre cholestérol à chaque prise de sang, c'est bien, mais ce n'est peut-être pas suffisant. Des cardiologues alertent sur un chiffre bien plus révélateur du risque d'AVC que la plupart des médecins ne demandent même pas systématiquement.

AVC : oubliez le cholestérol, c'est cet autre chiffre de votre prise de sang qui prédit le risque
© pramudyta - 123RF

Lorsqu'on évoque la prévention des accidents vasculaires cérébraux (AVC), le premier réflexe est souvent de vérifier son taux de cholestérol LDL, surnommé le "mauvais" cholestérol. Pourtant, de nombreux patients subissent des accidents cardiovasculaires alors que leurs analyses semblent parfaitement normales. Des médecins cardiologues tirent la sonnette d'alarme : se focaliser uniquement sur le cholestérol reviendrait à ne regarder qu'une petite partie d'un puzzle complexe (il est important de surveiller régulièrement son cholestérol tout de même), laissant de côté des indicateurs plus révélateurs de la santé des artères.

Pour le Dr Heather Swales, cardiologue, le problème réside dans les limites du bilan lipidique classique. Ce dernier ne mesure pas la dangerosité réelle des particules qui circulent dans notre sang. On peut en effet avoir un taux de cholestérol bas, mais posséder une multitude de petites particules "collantes" qui s'accumulent silencieusement et augmentent le risque d'obstruction sans que l'examen standard ne le détecte.

Le véritable chiffre à surveiller en complément du cholestérol, bien plus prédictif selon les experts, est celui de l'Apolipoprotéine B (ou ApoB). Cette protéine est présente sur toutes les particules de cholestérol potentiellement capables de boucher les artères. "L'ApoB est un meilleur marqueur que le cholestérol pour évaluer le risque d'AVC, car il mesure la totalité des particules athérogènes (nocives)", explique le Dr Swales interrogée par le magazine Parade. En clair, là où le cholestérol mesure la "quantité" de graisse, l'ApoB mesure le nombre de "projectiles" dangereux prêts à attaquer vos vaisseaux.

L'ApoB ne fait pas encore partie du "bilan lipidique standard" (qui se limite souvent au cholestérol total, HDL, LDL et triglycérides). On peut toutefois demander un dosage à son médecin (il saura vous dire si c'est pertinent ou non) si son taux de mauvais cholestérol est qualifié de "borderline" (entre 1,3 et 1,6 g/L par exemple). Dans ce cas, l'ApoB sert d'arbitre et permet de savoir si ces chiffres cachent une grande quantité de petites particules très denses, qui sont les plus dangereuses pour les artères et augmentent le risque d'AVC. Le dosage est aussi recommandé pour affiner l'évaluation du risque en cas de profil métabolique complexe (diabète, obésité abdominale, triglycérides élevés) ou d'antécédents familiaux d'accidents cardiovasculaires précoces malgré un cholestérol normal.

ApoB vs cholestérol © Droits réservés - Journal des Femmes Santé

Un taux d'ApoB est considéré comme "normal" chez une personne en bonne santé quand il est inférieur à 90 mg/dL. Un résultat plus élevé n'est souvent pas grave mais ne doit pas être négligé. En complément, le Dr Jeremy London, chirurgien cardiovasculaire, souligne que des ajustements simples peuvent faire baisser l'ApoB : augmenter l'apport en fibres, réduire les glucides ultra-transformés et pratiquer une activité physique régulière. En France, si votre médecin juge ce dosage nécessaire, l'examen est pris en charge par l'Assurance Maladie et généralement remboursé à hauteur de 60 % (le complément étant souvent couvert par la mutuelle).

Ces cardiologues soulignent que l'ApoB doit s'accompagner d'une surveillance de la tension artérielle (idéalement sous 120/80), car l'hypertension fragilise directement les artères cérébrales. Les troubles du sommeil, comme l'apnée obstructive ou les réveils fréquents, sont aussi des signaux d'alerte souvent négligés qui fatiguent le cœur et augmentent le risque d'accident. Enfin, le suivi de pathologies sous-jacentes comme la fibrillation auriculaire ou certains troubles sanguins est crucial pour anticiper toute complication majeure.