Nous sommes tous à la recherche du bonheur, parfois sans savoir par où commencer. Un autre travail ? Un meilleur salaire ? Une plus grande maison ? Un voyage à l'autre bout de la Terre ? Forts de 600 années cumulées de recherche sur le bonheur, treize des plus grands experts mondiaux du bien-être révèlent dans le Journal of Happiness Studies ce qui change véritablement la donne pour être heureux. C'est même le critère numéro un.
Ces chercheurs en psychologie et en sciences sociales ont mis en commun leurs connaissances scientifiques et les leçons tirées de leurs propres vies. En passant au crible les critères de satisfaction, des besoins matériels au niveau de confort de vie, ils ont décortiqué ce qui pèse lourd dans la balance de l'épanouissement de l'être humain et ce qui ne suffit pas, à lui seul, à garantir le bonheur.
Leur conclusion est sans appel : les interactions humaines priment sur tout le reste. "Le bonheur résulte d'une symphonie de facteurs, mais s'il fallait retenir un seul secret du bonheur, ce serait les relations avec les autres", résume Lara Aknin, professeure de psychologie sociale et co-auteure de l'étude. L'être humain n'étant pas fait pour la solitude, se sentir entouré et soutenu agit comme un rempart contre le stress. "Avoir des relations est l'un des indicateurs de bonheur les plus fiables qui ressort d'un ensemble solide de preuves issues des sciences sociales", confirme la chercheuse. Consacrer du temps à ses proches, entretenir ses amitiés et aider les autres sont autant de façons de cultiver son bonheur. Et il suffit parfois de peu : "Le simple fait de pouvoir compter sur une seule personne a des conséquences extrêmement importantes sur le bien-être" observe-t-elle.
À l'inverse, les chercheurs montrent que certains facteurs, souvent associés à la réussite, ne garantissent pas une vie heureuse. L'argent, par exemple, assure la sécurité de base, mais gagner davantage ne permet pas, seul, de se sentir plus heureux. Comme le rappelle l'adage : "L'argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue." Au bureau, un statut prestigieux ne suffit pas non plus à être heureux si la mission manque de sens et d'utilité. Le lieu où l'on vit, le salaire et le confort matériel ne suffisent pas non plus, à eux seuls, à faire notre bonheur. Il faut travailler son cercle social, surtout quand le temps passe.
Enfin, les spécialistes insistent sur un point : le bonheur ne signifie pas être heureux en permanence ni traverser l'existence sans encombre. L'objectif consiste plutôt à s'adapter aux hauts et aux bas en s'appuyant sur ses proches. Pour cultiver ce bien-être au quotidien, les chercheurs conseillent d'exprimer sa gratitude, d'être à l'écoute des autres, de faire du bénévolat et de s'engager socialement. "Quand on investit dans les autres, ils nous le rendent en retour", conclut Lara Aknin.