En France, près d'un million de personnes vivent avec des troubles importants de la mémoire et du fonctionnement cognitif, dont la maladie d'Alzheimer est la cause la plus fréquente. Chaque année, plus de 225 000 nouveaux cas sont diagnostiqués. Le risque augmente fortement avec l'âge, notamment après 80 ans. Oublier un prénom, chercher ses mots ou mettre plus de temps à retrouver une information n'est pourtant pas forcément inquiétant en vieillissant. Comment distinguer ces petits oublis d'un déclin cognitif ? Pour repérer les premiers signes, les médecins utilisent un exercice très simple qui ne prend qu'une minute.
Le principe : citer le plus grand nombre d'animaux possible en 60 secondes, sans répéter deux fois le même. Chien, chat, cheval, éléphant, dauphin… "Ce test appelé "fluence verbale" est utilisé depuis des décennies et figure toujours dans les bilans cognitifs", rappelle le Dr Laurence Quinn, médecin généraliste, dans une vidéo sur sa chaîne YouTube. Mais il ne mesure pas seulement la mémoire : il oblige le cerveau à retrouver rapidement des informations, à les organiser et à passer d'une idée à une autre sans rester bloqué.
Combien d'animaux faut-il réussir à citer ? En moyenne, une personne de 50 à 59 ans en trouve une vingtaine en une minute. Ce chiffre passe à 19 entre 60 et 69 ans, à 16 entre 70 et 79 ans, puis à environ 14 après 80 ans. Selon le Dr Laurence Quinn, un score de 15 animaux ou moins mérite d'être examiné de plus près, surtout avant 80 ans ou lorsque l'entourage a déjà remarqué des difficultés de mémoire. "Un résultat d'environ 15 ou moins est un score qui m'amène à regarder les choses de plus près", précise-t-il.
Mais le nombre d'animaux cités n'est pas le seul élément intéressant. Les médecins observent aussi la manière dont la personne cherche ses réponses. Par exemple, après avoir cité le chien, le chat et le lapin, arrive-t-elle à penser aux animaux de la ferme, puis à ceux de la mer ? "Quand vous n'avez plus d'animaux de compagnie en tête, votre cerveau est-il capable de quitter ce groupe pour en explorer un autre ?", interroge le médecin. Cette capacité à changer rapidement de catégorie montre comment le cerveau s'organise et s'adapte lorsqu'il manque d'idées.
Attention, un score faible ne signifie pas que vous avez la maladie d'Alzheimer. L'âge, le niveau d'études, la fatigue ou encore le stress peuvent influencer les réponses. Le chiffre de 15 n'est donc pas une limite valable pour tout le monde. Si votre résultat vous inquiète, notamment si vous constatez d'autres oublis au quotidien, parlez-en à votre médecin généraliste. Il pourra rechercher d'autres explications, comme un manque de sommeil, une carence en vitamines, une dépression ou les effets de certains médicaments, et proposer des examens si nécessaire. Enfin, pour aider votre cerveau à rester en forme avec l'âge, quelques habitudes sont particulièrement utiles : marcher ou pratiquer une activité physique régulière, garder des contacts avec ses proches, continuer à apprendre et adopter une alimentation bonne pour le cœur.
