À près de 400 000 kilomètres de la Terre, un astéroïde ou une comète de la taille d'un immeuble a percuté de plein fouet la surface lunaire, donnant naissance à un cratère baptisé McGetchin. Pour les spécialistes de la NASA, les collisions de cette ampleur ne courent pas les rues : si notre satellite subit environ 140 impacts par an formant des cratères d'au moins 9 mètres de diamètre, un choc aussi monumental que celui de McGetchin ne se produit en moyenne qu'une fois par siècle.

Ce cratère est exceptionnel par sa taille et les traces laissées par l'impact. Il mesure 222 mètres de large et 43 mètres de profondeur, soit assez pour y empiler trois bus scolaires. Mais le plus étonnant se trouve autour : la violence du choc a projeté des débris et remué la poussière lunaire sur une vaste zone, rendant le sol moins compact sur 6,4 kilomètres de diamètre. De fait, cette surface retient moins bien la chaleur et devient environ 9 °C plus froide la nuit que les terrains voisins.

"C'est de loin la trace de débris d'impact la plus évidente que j'aie jamais vue sur ce type d'image", a réagi Robert Wagner, spécialiste du traitement d'images, auprès de la NASA. Pour l'instant, impossible d'y envoyer un astronaute pour inspecter directement le trou. Lorsque la sonde Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO) survole la zone à environ 100 kilomètres d'altitude, elle photographie la surface sous plusieurs angles.

Vue aérienne du cratère © NASA

En superposant des cartes prises à plusieurs années d'écart, les zones inchangées restent grises, tandis que les impacts récents créent une sorte d'empreinte lumineuse que les astronomes peuvent reconnaître. C'est grâce à cette technique que Robert Wagner a repéré l'impact le 24 octobre 2025. Les chercheurs ont ensuite utilisé une autre caméra pour examiner le cratère avec davantage de précision.

Cette découverte est aussi précieuse pour les futures missions humaines sur la Lune. Car si un impact peut modifier le sol sur plusieurs kilomètres, il peut aussi changer la façon dont les roues des véhicules lunaires s'y enfoncent ou y adhèrent. Ces observations aideront donc les scientifiques à mieux comprendre les terrains sur lesquels évolueront les futurs astronautes et leurs engins. Elles rappellent aussi que la Lune, contrairement à ce que son apparence immobile laisse penser, continue de subir des collisions avec des objets venus de l'espace. Un risque à prendre en compte si l'humanité veut un jour y installer des bases permanentes.