"Un anévrisme de l'aorte ascendante est une cause de mort subite et est souvent asymptomatique" prévient le cardiologue Aurelio Rojas dans une vidéo. L'aorte est la plus grosse artère du corps : c'est elle qui transporte le sang du cœur vers l'ensemble de l'organisme. Mais sa paroi peut parfois se fragiliser et se dilater, un peu comme un tuyau qui se met à gonfler par endroits. C'est ce que les médecins appellent un "anévrisme" de l'aorte. Cette dilatation expose à deux complications graves : la paroi peut se déchirer et laisser le sang s'infiltrer entre ses différentes couches (c'est la dissection aortique) ou se rompre complètement et provoquer une hémorragie interne. Ce type d'anévrisme peut évoluer silencieusement pendant des années. Aussi, le cardiologue propose une méthode d'auto-évaluation simple, utilisant le pouce, pour savoir si on est à risque.
Ce test consiste à évaluer la souplesse de nos articulations, directement liée à la structure de nos vaisseaux sanguins. Pour rappel, c'est le collagène qui assure la solidité de nos tissus comme l'élasticité de nos artères. "Le collagène ou cette merveilleuse substance formée par la glycine, la proline, le zinc et la vitamine C, peut avoir été affecté pour des raisons génétiques ou des défauts nutritionnels", explique le Dr Rojas. Quand ce collagène est de moins bonne qualité, il fragilise la paroi de l'aorte. "La paroi de l'aorte s'affaiblit et les articulations sont excessivement flexibles", détaille le cardiologue.
C'est précisément cette hyperlaxité qu'il convient de repérer chez soi. Pour réaliser ce test appelé par les scientifiques "test pouce-paume", il faut garder la main à plat et replier le pouce transversalement dans la paume. Le test est considéré comme positif lorsque l'extrémité du pouce dépasse le bord opposé de la paume. Ce n'est donc pas simplement avoir un pouce très souple. "Les personnes les plus capables d'arriver jusqu'au bout de la paume de la main avec le pouce auraient le plus de probabilités d'avoir un anévrisme de l'aorte ascendante", explique le médecin, qui s'appuie sur une étude de l'American Journal of Cardiology. Une réserve tout de même : cette étude a été menée sur des personnes cardiaques, qui avaient donc déjà une santé cardiovasculaire fragile.
Ainsi, si le résultat s'avère positif, il ne faut pas paniquer mais surveiller peut-être plus que les autres, la santé de son coeur et de ses artères. Le geste met en évidence un relâchement des tissus qui doit inviter à la prévention. Si votre pouce dépasse le bord de votre main, soyez attentif, en particulier si vous présentez d'autres facteurs de risque cardiovasculaires comme le tabagisme, une hypercholestérolémie, une hypertension artérielle, un surpoids ou des antécédents familiaux.
Ce test reste avant tout une occasion de faire le point sur sa santé cardiovasculaire globale. Car au-delà du dépistage, la protection des vaisseaux repose sur notre hygiène de vie. Une alimentation équilibrée riche en fruits, légumes, poissons gras, une activité physique régulière comme la marche et un sommeil de qualité font toute la différence. Jusqu'à 80 % des maladies cardiovasculaires sont liées à notre mode de vie. Il est toujours temps d'adopter de meilleurs réflexes pour son cœur.
