On mange quoi ce soir ? Réfléchissez bien parce que l'impact des aliments présents dans votre assiette sur le vieillissement de votre corps est bien réel, comme le démontre une nouvelle étude publiée dans la revue Aging Cell. "Le vieillissement est un processus complexe influencé par des facteurs modifiables tels que l'alimentation, qui peuvent accélérer ou ralentir le déclin physiologique. Si l'âge chronologique augmente de façon uniforme, le vieillissement biologique varie d'un individu à l'autre" rappellent ses auteurs.
Pour cette recherche, ils se sont intéressés à 104 personnes âgées de 65 à 75 ans qu'ils ont réparties aléatoirement en quatre groupes et à qui ils ont proposé quatre régimes alimentaires différents. Une partie a suivi une alimentation omnivore, comprenant donc des aliments d'origine animale. Les autres ont adopté une alimentation végétarienne. Dans chacun de ces deux groupes, certains recevaient une alimentation plus riche en lipides (graisses) et d'autres en glucides. La quantité de protéines était comparable entre les groupes.
Avant et après les quatre semaines de test, les chercheurs ont examiné plusieurs indicateurs de santé : la glycémie, le cholestérol, la tension artérielle, l'insuline, les triglycérides, un marqueur de l'inflammation ou encore le tour de taille. Ces données ont servi à établir un indicateur global permettant d'évaluer l'état physiologique de l'organisme par rapport à l'âge réel de la personne. Verdict : chez les personnes qui ont continué à manger omnivore, mais avec moins de graisses et davantage de glucides, l'âge biologique a diminué.
Que mettre alors dans son assiette pour ralentir le vieillissement ? Davantage de fruits, de légumes et de légumineuses, mais aussi plus de fibres. Les aliments à ajouter pour tenter de vieillir moins vite sont donc tous ceux qui contiennent des fibres. Les auteurs citent notamment les céréales complètes parmi les grandes sources de glucides complexes et de fibres correspondant à une alimentation gage de longévité. Ils estiment que l'équilibre entre graisses et fibres peut jouer un rôle important dans les changements observés.
Une alimentation plus riche en fibres peut agir sur des paramètres métaboliques et inflammatoires pris en compte dans leur mesure du vieillissement. Le résultat est d'autant plus surprenant que l'expérience n'a duré que quatre semaines. On ne sait donc pas encore si les améliorations observées correspondent à un véritable ralentissement du vieillissement sur le long terme ou à une réaction temporaire de l'organisme à une alimentation différente. Des études plus longues seront nécessaires pour le déterminer.
Une chose ressort néanmoins de ces travaux : après 65 ans, il n'est peut-être pas nécessaire de bouleverser complètement son alimentation ou de supprimer tous les produits animaux pour modifier les marqueurs associés au vieillissement. Ce qui compte surtout, c'est de penser à mettre des végétaux (donc de la couleur) dans son assiette, notamment des aliments riches en fibres.