Enfouis sous les sables du désert, les vestiges d'une communauté vieille de plus de 1 600 ans continuent de révéler leurs secrets. Après plusieurs campagnes de fouilles menées sur le site, une mission archéologique vient de dévoiler de nouveaux éléments permettant de mieux comprendre cet ensemble antique. "C'est une importante découverte qui enrichit notre patrimoine et met en lumière la richesse culturelle de la région", souligne le ministre du Tourisme et des Antiquités, Sherif Fathi, dans un communiqué publié en juillet 2026.
Depuis plusieurs années, les chercheurs tentent de reconstituer la vie des habitants qui occupaient les lieux au IVᵉ siècle. Les nouvelles fouilles permettent de mieux comprendre l'organisation de cet établissement. Sur place, les archéologues ont mis en évidence une organisation remarquable : de grandes avenues tracées au cordeau du nord au sud, croisées par de larges rues d'est en ouest. Autour de ces axes se déployaient habitations, bâtiments religieux et installations liées à la vie quotidienne.
C'est sur le site d'Aïn El-Sabil, dans l'oasis de Dakhla en Égypte, que les fouilles ont permis de restituer le plan d'un important ensemble résidentiel datant du IVe siècle, bâti en briques de terre crue. Au cœur de cet établissement ont été retrouvés les vestiges d'une église basilique datant du milieu du IVᵉ siècle, bordée par deux tours de garde et le fort de Dhi Aswar. Les fouilles ont aussi révélé des maisons aux plafonds à coffres avec leurs cuisines, boulangeries et moulins, ainsi que la demeure "Tabibos", qui aurait pu servir de lieu de culte chrétien privé avant la construction de la basilique. Les chercheurs ont également retrouvé des pièces en bronze et des monnaies d'or de l'époque de l'empereur Constance II (337-361 après J.-C.).
Outre ses édifices, le site a livré des témoins ultra précieux de la vie intime de ses habitants. Environ 200 ostraca (des fragments de poterie réutilisés comme supports d'écriture) ont été retrouvés couverts de textes en copte (langue égyptienne locale) et en grec. Contrats de vente, correspondances privées, reçus de taxes et détails du quotidien côtoient des récipients destinés à conserver des huiles et des parfums, ainsi que des lampes d'éclairage. Une partie de ces archives avait déjà été mise au jour lors de précédentes campagnes de fouilles, tandis que les recherches récentes permettent de mieux les replacer dans leur contexte urbain.
Ces découvertes sont le fruit de nouvelles fouilles récemment menées à Aïn El-Sabil et annoncées par le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités en juillet 2026. Les travaux sont conduits par une mission nationale du Conseil Suprême des Antiquités d'Égypte. Elle rassemble des spécialistes des antiquités coptes et islamiques comme le Dr Diaa Zahran, le Dr Mahmoud Masoud (chef de mission) et le Dr Zahran Mahdi, sous la direction du Dr Hisham Al-Lithi.