"Les femmes utilisant une contraception à base de désogestrel vont recevoir, dans les jours à venir, un courrier d'information personnalisé les informant d'un risque rare de méningiome associé à ces contraceptifs" annonce l'Agence nationale du médicament (ANSM) dans un communiqué du 10 septembre. Les autorités sanitaires européennes ont émis une alerte le 15 juillet sur ce type de pilules contraceptives pouvant favoriser le développement d'une tumeur au niveau des méninges, les enveloppes qui entourent le cerveau.
Le risque augmente quand le médicament est pris pendant au moins un an, chez les femmes de plus de 45 ans ou en cas d'exposition antérieure à un progestatif déjà connu pour augmenter le risque de méningiome (ex. acétates de cyprotérone, nomégestrol, chlormadinone, médroxyprogestérone ou médrogestone). Les autorités se veulent néanmoins rassurantes : "Le méningiome est une tumeur le plus souvent non cancéreuse. La très grande majorité des femmes qui prennent du désogestrel n'en développeront pas." Pour autant, ce courrier peut susciter des inquiétudes les femmes qui le recevront. Et elles sont nombreuses : 1,6 million selon les autorités françaises.
Les pilules concernées sont Antigone®, Cerazette®, Elfasette®, Optimizette®, et autres génériques des laboratoires Biogaran, Cristers et Sandoz. "En cas de symptômes pouvant évoquer un méningiome, consultez votre médecin" conseille l'ANSM. Quels symptômes doivent alerter ? "Des maux de tête persistants, des troubles de la vision, du langage ou de l'équilibre, une faiblesse musculaire, des troubles de la mémoire, ou l'apparition ou l'aggravation d'une épilepsie."
Que faire si on reçoit ce courrier ? "Il n'est pas nécessaire de prendre un rendez-vous en urgence" précisent les autorités. Les femmes doivent en parler avec leur médecin ou leur sage-femme lors de leur prochaine consultation pour s'assurer que la contraception reste adaptée à leur situation. "Recevoir ce courrier ne signifie pas qu'un méningiome a été diagnostiqué ou suspecté" poursuit l'ANSM. Surtout, les femmes ne doivent pas arrêter la prise de leur contraception sans avis médical car "un arrêt brutal expose à un risque de grossesse non désirée".
Enfin, l'Agence du médicament informe que le désogestrel ne doit pas être pris après la ménopause. "Une contraception ne doit plus être prescrite. Le désogestrel n'est pas un traitement hormonal de la ménopause." L'ANSM propose sur son site une page d'information pour répondre à toutes les questions que les femmes peuvent se poser.
