C'est un plaisir quotidien pour beaucoup d'entre nous : se préparer une tasse de café et, avant même de la boire, en sentir le délicieux arôme. Parfois même, on se penche au-dessus du paquet pour en respirer le parfum. Cette douce odeur a effectivement la capacité de procurer un apaisement immédiat. D'où vient cet effet ? Il s'agirait d'une réaction cérébrale instantanée : "De votre tasse de café se sont échappées quelques molécules chimiques volatiles qui vont être apportées dans votre nez quand vous allez inspirer", explique le neurobiologiste Gabriel Lepousez au micro de France Inter. Mais ce n'est pas tout...

Quand on boit du café ou que l'on respire son odeur, l'air inspiré monte au sommet des cavités nasales. C'est là que se trouvent les capteurs du système olfactif, ces "millions de neurones qui portent des récepteurs et qui sont un peu comme des petites serrures qui vont fixer les clés de ces molécules volatiles". C'est ce mécanisme qui nous permet de distinguer les nuances aromatiques : "Les récepteurs vont fixer l'odeur de café, l'odeur de la torréfaction, ou peut-être une petite note chocolatée ou une petite note florale."

L'odeur du café va ensuite parcourir un long chemin sous la forme d'informations envoyées au cerveau. Une fois captées, "ces informations chimiques vont être transformées en messages électriques, et ensuite directement projetées dans le cerveau via un premier relais cérébral qui va traiter cette information", poursuit le neurobiologiste. Le cerveau croise ensuite ces données avec nos souvenirs et "va essayer d'analyser l'identité de cette odeur - "c'est du café" - puis une autre [partie du cerveau] va essayer de se rappeler quel est le contexte de cette information".

Ce pouvoir des odeurs sur nos souvenirs est documenté par la science. Dans une étude, des chercheurs ont utilisé l'odeur du café pour faire émerger des souvenirs autobiographiques, c'est-à-dire des épisodes passés de notre propre vie. Une revue scientifique publiée dans les Annals of the New York Academy of Sciences a par ailleurs montré que les souvenirs déclenchés par les odeurs sont souvent plus anciens et plus chargés émotionnellement que ceux suscités par des mots ou des images. Surtout, ils remontent fréquemment à la première décennie de notre vie. L'odeur du café fait ainsi ressurgir des souvenirs anciens, notamment des souvenirs d'enfance.

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Elle agit comme une madeleine de Proust et nous ramène à une cuisine de notre enfance, à un petit-déjeuner familial ou au café que préparaient nos parents ou nos grands-parents. La sensation agréable qui s'ensuit s'explique par l'activation directe des circuits de l'affectivité, dans ce qu'on appelle l'amygdale. Elle traite les émotions qui nous indiquent : "J'aime ou je n'aime pas." Le simple parfum déclenche ainsi une émotion positive avant même d'avoir bu la moindre goutte.

Si l'odeur du café s'apprécie sans modération, la boisson demande quelques précautions. Bien que la caféine réduise la fatigue, aide à la concentration, protège du diabète et de certaines maladies, les nutritionnistes recommandent de se limiter à 3 ou 4 tasses par jour (sans sucre ni lait) et d'arrêter sa consommation dès 15 h pour préserver la qualité du sommeil. Enfin, les femmes enceintes, les personnes sujettes à l'anxiété, aux troubles cardiaques ou à l'ostéoporose doivent adapter leurs habitudes en réduisant leur consommation à une ou deux tasses ou en privilégiant les alternatives sans caféine comme les infusions ou la chicorée nature.