Et si pour être plus heureux, il suffisait de commencer par éliminer deux choses de notre vie ? C'est en tout cas l'idée tirée d'une réflexion du philosophe romain Sénèque et récemment remise en avant par un auteur du site Medium. Près de 2 000 ans après sa mort, le conseil est toujours aussi pertinent. Car il ne demande ni de gagner davantage d'argent, ni de changer de travail, ni de bouleverser son quotidien. Les deux obstacles qu'il pointe se trouvent ailleurs et sont à la portée de tous.

Sénèque, ce nom vous dit quelque chose mais sans savoir précisément de qui il s'agit ? Sénèque ou Lucius Annaeus Seneca était un philosophe stoïcien, écrivain et homme politique romain qui a vécu au Ier siècle. Né à Cordoue et formé à Rome, il fut notamment le précepteur puis l'un des conseillers de l'empereur Néron. Ses dernières années furent consacrées en partie à l'écriture de ses célèbres "Lettres à Lucilius", dans lesquelles il abordait des questions très concrètes : comment affronter la peur, utiliser son temps ou encore mener une vie meilleure. C'est dans la cinquième de ces lettres que l'on trouve une réflexion particulièrement éclairante sur ce qui nous empêche d'être vraiment heureux.

Selon Sénèque, il y aurait ainsi deux choses à éliminer pour être plus épanoui dans sa vie : la peur de ce qui pourrait mal se passer dans le futur et le poids des souvenirs d'un mauvais passé. Le philosophe explique que nous nous tourmentons trop pour ce qui est à venir et pour ce qui est passé au lieu de profiter du moment présent. Notre capacité à anticiper nous permet de craindre des événements qui ne se sont pas produits, tandis que notre mémoire peut faire revenir des peurs liées à des événements déjà terminés.

Le philosophe met ainsi le doigt sur un mécanisme facile à reconnaître dans la vie quotidienne. Un problème passé peut continuer à occuper nos pensées alors qu'il n'est plus devant nous. À l'inverse, nous pouvons passer des heures à imaginer une difficulté qui ne surviendra peut-être jamais. Futur et passé gâchent ainsi un présent qui pourrait davantage être savouré. 

Attention : cela ne signifie pas qu'il faut tout faire pour effacer ses souvenirs ou cesser de réfléchir à l'avenir. Le passé nous façonne et nous apprend des choses importantes pour la suite de notre vie. De même, anticiper l'avenir peut nous aider à prendre certaines décisions. Le problème apparaît lorsque nos pensées nous font continuellement souffrir de ce qui n'existe plus ou de ce qui n'existe pas encore et qui n'existera peut-être jamais. Sénèque nous rappelle alors une évidence que l'on oublie trop souvent : le seul moment sur lequel nous pouvons directement agir est celui que nous sommes en train de vivre.