Attention, mémoire, langage ou encore planification des mouvements... Ces facultés font partie de ce qu'on appelle les capacités cognitives. Si avec l'âge, elles déclinent naturellement, une baisse marquée peut aller jusqu'à entraîner une perte d'autonomie. Pire encore, la baisse des capacités cognitives peut être le signe d'une maladie neurodégénérative sous-jacente, telle que la maladie d'Alzheimer ou la maladie de Parkinson. C'est pourquoi il est important de vérifier régulièrement leur bon fonctionnement.

Pour évaluer ces fonctions essentielles, il existe un premier outil simplissime mais peu connu du grand public : le test de Luria, aussi appelé test du poing-tranche-paume. "C'est un test de dépistage rapide que vous pouvez effectuer [...] à tout moment", explique le Dr Adnan Husein, neurologue, dans une vidéo. Sans nécessiter le moindre matériel, cet examen permet d'observer la manière dont le cerveau orchestre une séquence motrice, c'est-à-dire l'enchaînement de plusieurs mouvements dans un ordre précis. "Il teste différentes parties de votre cerveau : la motricité, les fonctions exécutives et le séquencement", détaille le médecin. En analysant la fluidité d'exécution, le praticien peut repérer d'éventuelles difficultés du cerveau à organiser le geste à venir et à stopper le mouvement précédent au bon moment.

Concrètement, le test repose sur la répétition fluide d'une série de trois gestes consécutifs avec la main. "Poing, bord de la main, paume", résume le neurologue. Le patient commence par poser son poing fermé sur la table, enchaîne en posant la tranche de sa main ouverte comme pour un coup de karaté, puis termine en plaquant sa paume à plat. Cette séquence doit être répétée plusieurs fois d'affilée sans interruption. Chez une personne en bonne santé cognitive, l'enchaînement se réalise sans effort apparent. En revanche, face à un trouble cognitif, le cerveau peine à exécuter la transition. "Certaines personnes n'arrivent pas à exécuter le mouvement sans accroc ; elles s'acharnent parfois sur le même mouvement, encore et encore, ou elles ratent la séquence", précise le Dr Husein.

Test de Luria
Test de Luria © Journal des Femmes

Les chiffres sont clairs : "Dans un groupe de personnes ayant un fonctionnement cognitif normal, environ 2 % auront des difficultés avec ce test", indique-t-il. En revanche, "chez les patients atteints de la maladie d'Alzheimer, plus de 50 % auront des difficultés", poursuit le médecin, ajoutant que ce chiffre atteint "presque 70 %" chez les patients souffrant de démence fronto-temporale.

Bien qu'un échec à ce test ne constitue pas un diagnostic définitif en soi, il peut encourager à consulter un spécialiste pour un bilan approfondi. Au-delà du dépistage, il est possible d'agir au quotidien pour préserver ses facultés cognitives et retarder le déclin mental. La pratique régulière d'une activité physique combinée à une stimulation intellectuelle variée (apprentissage d'une langue, musique, jeux de logique) favorise la plasticité cérébrale, c'est-à-dire la capacité du cerveau à se réorganiser et à créer de nouvelles connexions. Maintenir une vie sociale riche, veiller à la qualité de son sommeil et adopter un régime alimentaire équilibré sont autant de moyens très efficaces pour protéger son cerveau au quotidien et garder l'esprit vif sur le long terme.