Pneumopathie (virale ou bactérienne) : symptômes, risques et causes

"Pneumo" comme "souffle" en grec, et "pathie" comme "maladie" : comme son étymologie l'indique, la pneumopathie est un terme utilisé pour qualifier, de façon large, les infections du système respiratoire. Mais que peut signifier exactement ce diagnostic et comment réagir ?

Une pneumopathie correspond à une pathologie des poumons pouvant concerner une ou plusieurs parties et apparaître de manière progressive ou brutale. Les pneumopathies peuvent être d'origine infectieuse ou non… Les pneumopathies d'origine infectieuse sont  les plus fréquentes avec une contamination  qui se fait généralement par voie aérienne  et qui est provoquée par une bactérie, un parasite ou un virus : les autres types de pneumopathie non infectieuses sont  les pneumopathies  interstitielles désormais appelées pneumopathies infiltratives  diffuses… Elles regroupent plus d'une centaine de pathologies pulmonaires et  peuvent être  liées à une pathologie cardiaque, allergique,  cancéreuse, médicamenteuses, auto-immunes ou provoquées par  l'inhalation de particules  d'amiante ou de silice.

Les causes d'une pneumopathie

Une pneumopathie peut donc être de nature infectieuse, avec une contamination par voie aérienne généralement - provoquée par une bactérie, un parasite ou un virus : le cas le plus classique est la pneumonie franche lobaire aiguë. Mais il existe également des pneumopathies interstitielles, qui affectent le tissu pulmonaire, et des pneumopathies d'hypersensibilité qui trouvent leur origine dans une inflammation des alvéoles. 

Pneumopathie infectieuse

Les pneumopathies infectieuses sont principalement d'origine bactérienne  … Une des bactéries le plus souvent en cause est le pneumocoque , mais d'autres germes dits atypiques peuvent également être incriminés comme par exemple  l' haemophilus influenzae ou la légionella pneumophilia. Elles peuvent être également d'origine  virales (virus de la grippe et de la varicelle le plus souvent impliqués)…. Plus rarement, une pneumopathie peut être provoquée par des champignons (pneumocytose) ou des parasites (microsporidioses). Ce type d'affections concerne principalement les personnes immunodéprimées. 

Pneumopathie interstitielle

La pneumopathie interstitielle désigne toutes les maladies touchant le tissu pulmonaire interstitiel, ce qui correspond au tissu de soutien des poumons. Les pneumopathies interstitielles correspondent à plusieurs types d'affections du tissu pulmonaire, qui peuvent, dans les cas les plus graves, évoluer en insuffisance respiratoire ou en fibrose pulmonaire (atteinte de la structure alvéolaire). Ce type de pneumopathie a différentes causes : infectieuse (bactéries, virus, parasites), cancéreuse, pneumoconiose (inhalation de fumées ou substances toxiques), médicamenteuse, etc. Dans de nombreux cas, les causes sont indéterminées. D'autres maladies d'évolution chronique comme la sarcoïdose sont possibles. Ces pneumopathies sont le plus souvent chroniques et les principaux symptômes sont une respiration difficile et de la toux au départ uniquement lors de l'activité, puis pour des efforts de moins en moins importants.

Pneumopathie d'inhalation

La pneumopathie d'inhalation est une inflammation des poumons engendrée par un reflux gastrique anormal dans le système pulmonaire ou par le passage d'aliments dans les voies respiratoires lors d'une fausse route. La pneumopathie d'inhalation touche essentiellement les personnes âgées en mauvaise santé et les personnes dans le coma. Plus rarement, elle peut être un effet indésirable d'une anesthésie. Les principaux symptômes de pneumopathie d'inhalation sont une dyspnée (difficulté respiratoire), de la fièvre et une toux avec crachats. La pneumopathie d'inhalation peut être mortelle. Le traitement consiste généralement à mettre le patient sous oxygène et à lui donner des antibiotiques. 

Pneumopathie communautaire

Une pneumopathie communautaire ou pneumonie communautaire est une infection pulmonaire contagieuse touchant un ensemble d'individus séjournant dans un même lieu (ex. : même immeuble, même lieu de travail). L'agent infectieux est généralement une bactérie du genre pneumocoque, mais d'autres bactéries, voire des virus, peuvent déclencher une pneumopathie communautaire. L'agent infectieux est souvent véhiculé par le système d'aération ou de climatisation. Selon les cas, la pneumopathie peut être parfaitement bénigne ou au contraire potentiellement mortelle. Les symptômes les plus courants sont de la fièvre, une gêne respiratoire et une toux avec crachats. Le traitement dépend de la cause de la pneumopathie communautaire. 

Les symptômes d'une pneumopathie

Selon la nature de la pneumopathie, les symptômes de cette maladie peuvent varier.

Pneumopathie atypique

On parle de pneumopathie atypique lorsque les symptômes ne sont pas aussi brutaux et caractéristiques que lors d'une pneumonie franche lobaire aiguë. La pneumonie atypique est d'ailleurs souvent difficile à diagnostiquer car les symptômes en présence (ex. : convulsions, céphalées, vomissements, douleurs abdominales) peuvent faire penser à une autre pathologie comme une crise d'appendicite. Ce genre de pneumopathie est souvent dûe à une bactérie. Le traitement est alors à base d'antibiotiques. 

Pneumopathie hypoxémiante

Une pneumopathie hypoxémiante est une pathologie pulmonaire détériorant les alvéoles pulmonaires et les capillaires sanguins, ce qui provoque une hypoxémie. L'hypoxémie est caractérisée par une quantité insuffisante d'oxygène dans la circulation sanguine. De nombreuses pneumopathies différentes peuvent provoquer une hypoxémie, comme une pneumonie infectieuse ou une pneumopathie d'inhalation. Les principaux symptômes d'une pneumopathie hypoxémiante sont de la fièvre, une grande difficulté à respirer, de la tachycardie (rythme cardiaque trop rapide) et de la toux. L'hypoxémie peut dégénérer en syndrome de détresse respiratoire aiguë, potentiellement mortel. 

Pneumonie varicelleuse

La pneumonie varicelleuse est une dangereuse complication de la varicelle, touchant essentiellement les adultes immunodéprimés (au système immunitaire affaibli) ou les femmes enceintes non immunisées contractant la varicelle au cours de leur grossesse. Les symptômes de la pneumonie varicelleuse se déclenchent normalement quelques jours après l'apparition des éruptions cutanées si caractéristiques de la varicelle. Ces symptômes sont une douleur thoracique, un essoufflement et une toux d'abord sèche puis grasse avec expectoration de crachats sanglants. Traitée très tôt avec des antiviraux spécifiques, la pneumonie varicelleuse peut être guérie. Mal ou non traitée, elle peut entraîner la mort. 

Le diagnostic d'une pneumopathie

Le diagnostic repose sur différents types d'examens : un examen clinique du patient, un bilan radiologique (radiographie thoracique, tomographie par ordinateur, tomodensitométrie, etc.), un examen bactériologique (examen cytobactériologique des sécrétions broncho-pulmonaires), un bilan sanguin (hémoculture, sérologie, etc.) et un prélèvement par lavage broncho-alvéolaire. D'autres examens comme une spirométrie, une oxymétrie et une bronchoscopie sont souvent effectués. 

Le traitement d'une pneumopathie

Pour les pneumopathies d'origine bactérienne une antibiothérapie est le traitement le plus adapté. En cas de pneumopathie franche lobaire aiguë, de l'amoxicilline par voie orale, voie intra-musculaire ou voie intra-veineuse sera prescrite. En cas de pneumopathie atypique, des macrolides par voie orale ou par voie intra-veineuse. Chez les personnes âgées ou présentant des signes indiquant une atteinte grave : hospitalisation, diagnostic bactériologique, et antibiothérapie adaptée et par voie intraveineuse.